Le 1er Guide du Routard » Champagne-Ardenne » en librairie
La sortie d’un Guide du Routard consacré à la Champagne-Ardenne est prévue mercredi 21 avril. Pierre Josse, rédacteur en chef du Guide du Routard, 32 ans de routard au compteur, livre sans ambages ses impressions.

Enfin le Routard s’intéresse à la Champagne-Ardenne ! Ce guide doit bien être le dernier consacré à une région française ?
Détrompez-vous : il nous reste encore à faire la région lyonnaise. Vous voyez, il n’y avait aucun a priori à l’égard de la Champagne-Ardenne. Mais nous avons une production régulière en fonction de la progression du tourisme dans les régions. Nous constatons que les Français commencent à redécouvrir leur propre pays. Et puis après le Nord et la Picardie, la Champagne-Ardenne constituait la suite logique…
Donc, quel avis portez-vous sur la région ?
Ce fut pour moi une découverte superbe. C’est une vraie région touristique, avec des capacités extraordinaires. Mais comme il n’y a pas de mer et de palmiers à portée de main, il faut chercher un peu.
Et qu’avez-vous trouvé ?
J’ai trouvé qu’il y avait un décalage entre l’image que l’on a de la Champagne-Ardenne et la réalité. Il faut liquider les vieux clichés. Reims est une ville moderne, reconstruite intelligemment après la Première Guerre mondiale ; Charleville-Mézières – j’avoue que je traînais un peu les pieds en y allant – fut une réelle émotion avec sa place Ducale qui ressemble à une petite place des Vosges, sans parler de la générosité des Ardennais ; Châlons-en-Champagne – avec pour moi un côté sentimental car j’y ai effectué mon service militaire – a beaucoup changé, s’est modernisée, dynamisée ; et puis, tenez : c’est à Epernay que j’ai le mieux mangé !
Ses contempteurs disent la Champagne-Ardenne au milieu de nulle part. Partagez-vous ce jugement ?
Au milieu de nulle part ? Mais tous les événements historiques d’importance ayant influencé l’histoire de France sont passés, ou se sont passés en Champagne-Ardenne. C’est même l’une des caractéristiques de la région !
Parlez-nous un peu du guide lui-même. En quoi consiste sa réalisation ?
C’est d’abord une grosse préparation en amont, pour rassembler le maximum de données sur la région. Nous sommes aussi beaucoup aidés par les offices de tourisme, les comités départementaux et régional de tourisme. Après quoi nous plongeons en « terre inconnue ». Mais comme nous savons ce que nous devons faire et que nous avons un peu d’expérience, nous ne perdons pas de temps. Nous devons « sentir » les choses rapidement. C’est parfois un peu frustrant d’aller vite, mais c’est également exaltant. Nos seuls outils sont un gros carnet et un bon stylo. Nous passons 2 à 3 semaines sur le terrain, dans un département. Ca à l’air rapide, mais je vous promets que c’est assez long compte tenu du rythme très soutenu qui est le nôtre. Puis 6 semaines de rédaction. Et au bout, il y a un guide…
Néanmoins, quand on parcourt le monde, comme vous, n’est-il pas nécessaire de se… motiver pour travailler « en région » ?
Ma motivation – et celle de l’équipe -, ce sont les rencontres ! L’aspect sociologique et humain avant tout. En Syrie comme en Champagne-Ardenne. Je cherche des gens simplement extraordinaires et les rapports qu’ils entretiennent avec leur environnement. Cela permet de comprendre les coutumes, l’histoire et l’âme d’un pays ou d’une région. J’ai fait ici un voyage fascinant, avec des passionnés qui m’ont conduit à la rencontre d’événements mythiques. Voilà ce qui nourrit le guide.
Jacques Préville



















