Espace(s) de liberté: Rencontre avec Florence Derieux, directrice du Fonds Régional d’Art Contemporain.
Florence Derieux est enthousiaste. Elle parle avec passion du FRAC (Fonds Régional d’Art Contemporain) dont elle assure la direction depuis mars 2008. Un tempérament plein d’audace et d’envie à l’image de son brillant parcours, en transparence duquel on devine la folle nécessité de faire partager son amour pour l’art contemporain : commissaire d’exposition au Palais du Tokyo à Paris, conservateur adjoint du Musée Picasso d’Antibes, chargée de mission au Musée des Beaux-Arts de Lausanne, commissaire indépendante qui a parcouru le monde (New-York, Istanbul, Bruxelles)… Pourquoi alors s’arrêter à Reims ? « J’ai eu l’envie de m’investir sur le long terme dans une structure, travailler avec une équipe, partager le savoir » répond elle. Florence Derieux n’arrive pour autant pas en terre inconnue : « cette ville est finalement très proche de Nîmes dont je suis originaire : tout tourne autour de la cathédrale comme les nîmois tournent autour des arènes ».
Une collection des plus riches
C’est une chance de prendre la direction du FRAC Champagne-Ardenne. Ses prédécesseurs dont François Quintin lui ont « donné une identité forte dans le milieu de l’art. Sa collection est une des plus riches et la programmation pointue ». Les rémois n’ont pourtant pas forcément conscience de la dimension internationale du FRAC. Et l’enthousiasme de Florence éclate de nouveau : « il faut que les rémois s’approprient la collection, que nous soyons plus visible ! ». Elle s’appuie notamment sur l’association des amis du FRAC très active et par un travail en direction des adolescents dans les collèges et les lycées. La directrice veut ouvrir encore plus grandes ses portes, « poursuivre le rôle de défricheur, de relais, de soutien aux structures sur l’ensemble de la région ».
Un lieu ambitieux
Son ambition pour le FRAC est finalement simple : « un FRAC ambitieux, c’est avoir un lieu, un lieu de création, un lieu de réception des Å“uvres, c’est essentiel ». Elle travaille pour cela au déménagement de la collection : « rien n’est encore fixé, nous sommes en phase de réflexion avec 2012 pour horizon » précise t’elle. Elle veut créer une dynamique autour du lieu, mobiliser les tutelles mais aussi les privés : « j’étais récemment aux Etats-Unis pour représenter l’ensemble des FRAC à l’occasion de l’inauguration d’une exposition d’artistes français. L’approche de l’art contemporain est totalement différente notamment concernant le financement : les privés s’investissent beaucoup plus. »
Vous l’aurez compris, n’hésitez plus et poussez les portes du FRAC : « l’art contemporain est le dernier espace de liberté » clame Florence Derieux.





















