Chambres d’hôtes : Découvrir une ville au contact de ses habitants
L’hébergement en chambres d’hôtes n’est pas un art de vivre et de voyager réservé au tourisme rural. Depuis quelques années se développe dans la Marne sur le même mode un accueil urbain haut de gamme, fléché par des labels de qualité.
« Hôte » est un mot ambivalent de la langue française qui désigne à la fois celui qui donne l’hospitalité et celui qui la reçoit. Ce double sens convient parfaitement à l’hébergement chez l’habitant qui réunit des personnes portées par le plaisir de la rencontre.
Etiennette Lévêque, propriétaire à Châlons-en-Champagne, a ouvert sa villa Saint-Jean en 2005 : « mon mari et moi sommes issus de familles d’agriculteurs où il existe une tradition de recevoir des gens de passage. Ce goût de la convivialité, de l’accueil, l’envie aussi de partager les valeurs de notre ville ont été déterminants dans le projet que nous avons conçu quand nos enfants ont quitté le domicile familial. » Deux premières chambres ont été aménagées au 2ème étage de leur habitation, puis une 3ème créée dans une extension en rez-de-jardin, qui bénéficie du label tourisme et handicap.
Le choix d’une maison
Véronique Benoist, elle aussi, « adore avoir du monde à la maison. » Professionnelle du secteur social en reconversion, elle s’est mise en quête avec son compagnon d’une demeure à Reims lui permettant de se lancer dans cette nouvelle activité. « Les Telliers » est une belle maison de 1920 qui, après trois ans de travaux, était prête début 2008 à accueillir ses premiers hôtes en plein centre-ville. En décorant les trois chambres à louer, Véronique s’est fait plaisir et découvert une vocation.
Didier Mathy, à Epernay, est arrivé au même résultat en prenant le chemin par l’autre bout. Il possédait déjà une très belle propriété de 1790 en carreau de terre qu’il a entrepris de restaurer en vue de la revendre.
Sauf que, s’étant impliqué personnellement dans la rénovation, il n’a plus eu le cœur de s’en séparer. La mise à disposition en juillet 2007 de deux chambres d’hôtes haut de gamme, avec charpente apparente, lui a semblé être une bonne solution pour rentabiliser son investissement sur le long terme. « Et c’est devenu mon activité professionnelle » confie cet ancien commerçant qui a appelé sa maison d’hôtes « L’interface ».
Des clients, des amis
Chez Véronique Benoist à Reims, 90% de la clientèle est étrangère. La proportion tombe à 50% à la villa Saint-Jean comme à l’Interface, mais les nationalités les plus représentées sont sensiblement les mêmes : Belges, Britanniques, Allemands, Européens du nord, mais aussi de nombreux Australiens, des Nord Américains, quelques Néo-Zélandais et des citoyens asiatiques. Tous ont choisi leur chambre d’hôte sur Internet, et spécialement sur les sites comme TripAdvisor où les voyageurs peuvent faire partager leurs bonnes (et mauvaises) expériences. Qu’est-ce qui conduit les touristes à préférer ce mode d’hébergement à l’hôtellerie classique ? « Le calme de la campagne à la ville, la convivialité, le conseil sur la région et le champagne » estime Didier Mathy. « Ils sont chez nous chez eux » observe Véronique Benoist. Jean-Claude Lévêque confirme : « certains en ont assez d’aller dans les hôtels de chaîne où ils retrouvent d’un pays à l’autre, d’une ville à l’autre le même environnement. Chez nous, ils recherchent un accueil personnalisé, la qualité et l’originalité des petits-déjeuners, avec des produits faits main. Le plus souvent, ils arrivent en clients et repartent en amis. »




















