Opéra de Reims : l’ambition d’une grande scène
La saison de l’Opéra de Reims vient de s’achever avec Carmen. Pour REFLETS Actuels, Serge Gaymard, le Directeur de la maison revient sur les temps forts de l’année et révèle sa programmation 2011-2012.
« Une fois de plus » constate Serge Gaymard avec satisfaction « le public a bien réagi, y compris sur des propositions artistiques traditionnellement plus difficiles » . Parmi les grands moments, on retiendra le « Jules César en Égypte », l’ Opéra de Haendel dans une mise en scène de l’ancien Directeur de la Comédie de Reims Christian Schiaretti avec Jean-Claude Malgoire et La Grande Écurie et La Chambre du Roy, un ensemble composé , à l’occasion, pour un tiers de musiciens de l’ Orchestre de Reims. Serge Gaymard s’émerveille encore au souvenir de « l’Histoire du Soldat » sur une musique de Stravinsky. La création de Nietzsche / Wagner : Le Ring est, elle, un moment lyrique exceptionnel . Plus classique fût le Lac des Cygnes de l’Opéra de Perm en Russie. Enfin, CARMEN, qui vient d’achever la saison, reste un spectacle lourd avec près de 130 artistes, musiciens, choristes, figurants et, « la prise de rôle », selon l’expression propre au métier de la mezzo-soprano Julie Robard-Gendre.
Lever de Rideau
« L’opéra pour tous « reste le maître-mot de Serge Gaymard qui revendique l’ écclectisme de sa programmation. Illustration avec d’un côté, la création de « Second Woman » de Frédéric Verrière dans une production déléguée avec la Comédie de Reims. La presse a salué ce spectacle présenté, cette saison, au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris. De l’autre, l’inoubliable « Un de la Canebière » de Vincent Scotto sous forme d’une « comédie musicalisée ». Signe de cette diversité, la création, en co-production avec d’autres opéras d’Europe mais pour la première fois à Reims, de Jenufa de Leos Janacek. Un roman traduit à la scène qui, pour Serge Gaymard, est « une histoire d’espoir dans la vie ». Le Directeur de l’Opéra nous annonce encore une nouvelle production de la « Traviatta » dont les décors et les costumes seront réalisés à Reims, «Ring Saga « une transcription de Jonathan Dove et de Graham Vick qui ramène à neuf heures la durée de ces quatre opéras de Wagner . L’oeuvre sera présentée sous forme d’un festival sur deux jours dans le cadre de Scènes d’Europe en décembre. Enfin, Serge Gaymard nous parle avec poésie de « la Confidence des oiseaux » qui mêle sur scène musiciens, danseurs et oiseaux. « Danse avec les oiseaux » pourrait bien être le résumé de ce spectacle présenté à Chaillot et signé par le chorégraphe Luc Petton avec Xavier Rosselle au saxophone.
Avec Serge Gaymard, l’entretien pourrait encore se poursuivre longuement. Une passion emprunte de serénité l’habite quand il parle des missions qu’il se fixe et dont nous aurons l’occasion de reparler avec lui dans le courant de la prochaine saison. De la culture comme facteur d’attractivité du territoire au développement des masses artistiques, un terme un peu barbare pour parler de la défense des artistes locaux, en passant par l’émergence des jeunes talents et du renouvellement du public, une chose est sûre, avec lui, l’Opéra de Reims a de l’ambition !


















