Jouets pour grandes personnes
La marque allemande CMC s’est fait une spécialité de la réduction à l’échelle 1/18 des plus belles Ferrari, Mercedes ou Bugatti du temps passé. Des chefs d’oeuvres de précision que s’arrachent les collectionneurs du monde entier.
Malcom Forbes, le milliardaire américain créateur du magazine économique portant son nom et grand collectionneur devant l’éternel d’œufs Fabergé, de Montgolfières et de Harley-Davidson avait coutume de dire que la seule différence entre les jouets pour les enfants et ceux pour les adultes était leur taille.
Sans doute ne connaissait-il pas les modèles réduits produits par la marque allemande CMC depuis la fin des années 90. Leur taille est certes réduite – le 1/18 en règle générale, le 1/12 plus rarement – mais l’exceptionnelle qualité des voitures miniaturisées par CMC les destine exclusivement aux grandes personnes qui n’ont pas tout à fait abandonné leur âme d’enfant.
Au point de prendre un évident plaisir à ouvrir avec précaution les capots pour découvrir des mécaniques auxquelles il ne manque pas la moindre durite ou fils de bougie, à caresser délicatement du bout du doigt le cuir des sièges parfaitement identiques à ceux de la « vraie » voiture, à détailler les trappes à essence articulées comme les voitures à l’échelle 1, à actionner le volant qui commande la direction et permet de faire tourner les roues ou tout simplement à admirer le rayonnage des jantes, chaque rayon étant fixé un par un. Un luxe de détails inouï et une finesse absolue pour des voitures d’une trentaine de centimètres, constituées de 2000 pièces en moyenne. Voire davantage…
Double exemple avec une des dernières CMC sortie : la Bugatti 57 Atlantic. CMC l’a réduite dans sa configuration d’origine en bleu Bugatti puis en noir dans la livrée que son propriétaire actuel Ralph Lauren a choisi de la restaurer. Si le huit cylindres se découvre de façon identique lorsqu’on replie délicatement le capot moteur articulé, CMC n’a omis aucune différence entre les deux versions : cuir noir contre cuir fauve, position modifiée des essuies-glaces où figure les balais en caoutchouc…
Des fans sur les cinq continents
Tout se démonte à condition de procéder avec une minutie d’orfèvre et CMC se soucie autant des éléments invisibles que des pièces apparentes. C’est aussi ce qui fait la différence des CMC par rapport à leurs hypothétiques concurrentes.
Et quand CMC s’attaque à l’échelle 1/12 : c’est pour fouiller encore davantage les détails à l’image de la célébrissime Ferrari monoplace « sharknose » de 1961. Une pièce d’orfèvrerie produite en nombre limité d’exemplaires que les collectionneurs se sont arrachés malgré un prix de vente dépassant allégrement les 2.000€.
A l’échelle 1.18, les tarifs sont plus raisonnables : autour de 300€ selon les modèles. Cher ? Non, presque un cadeau quand on sait que la conception d’une nouveauté réclame plus de deux ans de travail et qu’on voit la complexité des miniatures CMC. C’est un prix justifié pour des modèles d’exception, rendu possible par une conception made in Germany et une fabrication délocalisée en Chine où la quasi totalité des modèles réduits auto sont désormais produits.
Les collectionneurs ne s’y trompent pas. En une décennie, s’est créée une véritable internationale des fans de la marque répartie sur les cinq continents. Tous attendent la sortie des nouveautés avec d’autant plus d’impatience qu’elles sont rares : quatre ou cinq chaque année. Rarement plus !
Le tout assorti de production souvent en séries limitées : 3000 ou 5000 exemplaires pour le monde entier. De quoi attiser la convoitise et faire des CMC des objets rares.
Un transporteur mythique
Le catalogue CMC célèbre les marques allemandes, Mercedes, Auto-Union, Porsche en particulier, ainsi que les belles italiennes : Ferrari et Maserati. Sans oublier le fleuron de la grande époque de l’automobile française : Bugatti. Voitures de sport ou de course : CMC propose les deux sans exclusive… Pas de modèles contemporains mais un éventail représentatif des chefs d’œuvres sur roues des années 20 à 60.
Dernier morceau de bravoure sorti il y a quelques semaines : la reproduction du fameux camion Fiat carrossé par Bartoletti qui transportait à travers l’Europe à la fin des années 50 et au début de la décennie suivante les Ferrari de F1 et les sports prototypes de Maranello . Un monstre que les vieux habitués du circuit de Gueux se souviennent avoir aperçu dans le paddock derrière les stands de la ligne droite de la piste rémoise lors du Grand-prix de France et des 12h de Reims…
Cet engin mythique retrouvé à l’état d’épave aux Etats-Unis puis restauré à grands frais par un collectionneur allemand est presqu’aussi impressionnant à l’échelle 1/18 qu’en « vrai ». Constitué de 3115 pièces, parfois minuscules, il dépasse les 50 centimètres et pèse plusieurs kilos de métal. Une pièce de choix que tous les passionnés attendaient depuis plusieurs années. Cette année, grâce à CMC le Père Noël des collectionneurs est passé en avance…



















