Jean-Pierre Fortuné, libre et indépendant

Il est né à Reims, en 1955, l’aîné d’une famille de huit enfants. Son père a été menuisier, puis acheteur chez Cora. Sa mère a élevé huit enfants, un métier qui se perd. Elle, plutôt catholique et le père plutôt progressiste. Ses premières années d’école, il les passe au Sacré Cœur. Il arrête l’école très rapidement et commence à travailler à l’âge de seize ans. Autre temps, autres mœurs. La liberté, il suffisait de la vouloir. La saint Tanguy est arrivée beaucoup plus tard.

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Jean-Pierre Fortuné explique : « Je voulais être très vite indépendant et vivre ma vie. J’ai l’impression que les jeunes, à cette époque, étaient un peu plus culottés qu’aujourd’hui. Les portes étaient d’ailleurs plus ouvertes pour ceux qui avaient vraiment envie de travailler. Je me suis trouvé dans le transport et la logistique, avec une petite formation de comptabilité. Savoir compter m’a beaucoup servi par la suite. Libre et indépendant, je crois que c’est ma marque de fabrique ».

Quarante-trois ans de passion professionnelle

Le premier employeur est la maison Bijot. C’était en 1971 et il y travaille encore, quarante trois ans plus tard. Jean-Pierre Fortuné n’a pas eu besoin de changer d’entreprise pour être toujours dans le coup. Les différents actionnaires de Bijot lui ont toujours fait confiance. Il a ainsi occupé les postes de comptable, de commercial, puis de Directeur commercial, puis de Président directeur général de Bijot, entreprise devenue filiale de Transalliance. Dans le groupe, il a la responsabilité de trois autres filiales en région parisienne.

Ce jeune homme de 59 ans pourrait bien s’arrêter de travailler en 2015, mais le métier l’intéresse toujours autant. « J’ai un grand besoin du monde de l’entreprise, pour comprendre et agir au mieux en matière de réalité économique. Cette proximité est essentielle à la vision politique de l’élu que je suis, au travers de ma ville et du Conseil Général de la Marne ».

Huit jours après l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République, Jean-Pierre Fortuné prend sa carte au RPR. Il a 26 ans et admet que c’est en équipe que l’on peut servir sa commune. « J’avais déjà des engagements dans le monde sportif et associatif. Les partis politiques me paraissaient plus intéressants qu’aujourd’hui ». En 1983, Paulette Billa, Maire socialiste de Tinqueux depuis 1945, met fin à sa carrière politique. Avec des collègues du RPR, Jean-Pierre Fortuné se présente aux élections municipales de 1983, en soutenant la candidature de Guy Bazard.

Trente-et-un ans au service des Aquatintiens

En 1983, il occupe les fonctions d’adjoint au Maire, durant deux mandats (économie, sport, affaires scolaires …). En 1995, Guy Bazard ne se représentant pas, il lui succède à la tête de la Mairie, élu au premier tour : « J’en suis à mon quatrième mandat, toujours élu au premier tour, dans une commune qui, aux élections présidentielles, est plutôt à cinquante/cinquante entre la droite et la gauche. J’ai l’impression que, dans ce genre d’élection locale, c’est le travail qui paie ».

Portait rapide d’un Maire élu quatre fois au premier tour : « Je ne mens pas. Je suis direct dans mes rapports aux autres. Je dis la réalité des situations, sans rien cacher. J’écoute tout le monde et je réponds à tous, sans promesses vaines. Je fais ce qui est faisable, pour le bien de tous. Je travaille et je donne des réponses précises ».

Reims Métropole ? Les bruits d’une envie de présidence de l’Agglomération rémoise ? Il ne suffit pas d’avoir envie de se présenter. Il faut aussi être lucide. Il est aujourd’hui le premier Vice-président de Reims Métropole et c’est bien ainsi, dans une agglomération rémoise dans laquelle il tient à ce que Tinqueux prenne toute sa place.

Dans le passé, il a été le suppléant du député Jean Falala, « Un pur politique et pas aussi bêtement gentil que certains voulaient bien le décrire. Je n’ai jamais imaginé que je puisse un jour lui succéder à l’Assemblée Nationale ». Chercher le fils ? Une des raisons, peut-être, qui a fait déserter, Jean-Pierre Fortuné des partis politiques. Il n’a jamais pris sa carte à l’UMP. Peut-être n’était-il déjà pas dans la bonne ligne politique ?

Les hommes avant leurs étiquettes

L’actuelle municipalité de Tinqueux ? Des élus de gauche, aux côtés d’élus de droite ? Commentaire : « Je serais passé sans faire appel à des candidats de gauche. J’ai fait le pari de l’ouverture, avec des gens que je connais, qui travaillent et qui ont du talent. Bien des politiques en rêvent, mais ils ne le font pas. J’ai pris cette décision seul et sans pression aucune. On est passé avec plus de 82% des voix. Je pense, sincèrement, qu’une élection locale peut se gagner au-delà des partis politiques ».

On ne fait pas de politique politicienne à la Mairie de Tinqueux. Une cantine scolaire, un bâtiment sportif, une voirie, c’est tout sauf de la politique. La société est bloquée par les embrigadements dans des systèmes fermés de pensées. Au Conseil Général, il n’est inscrit dans aucun groupe. S’il devait supporter une étiquette, il se dirait progressiste social. Les hommes l’intéressent plus que leurs partis politiques.

Sortir de l’ombre de son clocher

La fatigue des Maires ? Tout est devenu complexe et ce n’est pas une raison pour baisser les bras. Jean-Pierre Fortuné est pragmatique, au-delà des effets de mode ou de ce qui pourrait paraître obligatoire. « Je crois qu’il faut être heureux pour vouloir le bonheur des autres. Moi, je suis heureux. Je crois que les voyages que j’ai pu faire me permettent de beaucoup relativiser. A Tinqueux, nous montons des projets de partenariat, avec le Burkina, avec la Palestine … Là-bas, on parle de la France comme les Français n’osent plus en parler ».

Voilà, il faut ouvrir les portes et les fenêtres et arrêter de se lamenter à l’ombre de nos clochers. Derrière ces portes et ces fenêtres, s’ouvre quelque chose de mieux que nos lamentations. Nous vivons, hélas, dans une société qui a plus de peur que d’envie de construire avec les autres. L’hyper protection qui est la nôtre nous empêche d’être heureux. On a l’impression que nos manuels de vie ne prennent pas en cause nos petits bobos. Alors, quand ils arrivent, c’est la catastrophe ! Si c’était à refaire ? « La même chose et en mieux ! Avec encore plus d’attention portée aux autres. Le drame, c’est qu’on ne le remarque qu’en vieillissant ».

 

1 Commentaire(s) a propos du sujet: "Jean-Pierre Fortuné, libre et indépendant"

  1. C’est un bel hommage au travail de qualité de Mr Fortuné en tant que Maire de Tinqueux !!!

    Un homme qui a su apporter beaucoup d’impulsion à sa ville en prenant de bonnes décisions…

    Marie-Ange Schlisteur

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