Daniel Nabet, Délégué régional d’Orange

Ingénieur général des Mines (Polytechnique, Télécom Paris Tech, INSEAD/CEDEP), Délégué régional Orange Champagne-Ardenne, Président du Centre national de référence de la RFID, Président de l’IUT de Reims, Président délégué de Syndicat des Ingénieurs du Corps des Mines, Président de la Commission Infrastructures et Réseaux à la CCIR, membre du CESER, membres du Bureau du Pôle de compétitivité Matéralia (ex Vice-président), membre du Bureau du MEDEF Champagne-Ardenne, membre des Conseils d’administration de l’URCA et de ID Champagne, l’Agence d’Innovation et de Développement régional, Chevalier dans l’Ordre des Palmes Académiques, il est fait Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur ce vendredi

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Ma grand-mère disait : « 12 métiers, 13 misères » et Daniel Nabet s’inquiète : « Est-ce que je fais trop de choses à la fois ? Je dors suffisamment, cinq à six heures par nuit. Je dors et je travaille. J’ai toujours travaillé. Faut-il que j’arrête tout ? ». Ce Lorrain de naissance est devenu Champardennais à fond. Il aurait pu se contenter d’assumer, deux ou trois ans, sa délégation régionale du groupe Orange et faire carrière ailleurs. Il y est depuis six ans et pour une bonne raison : « Je m’intéresse à la région et je lui consacre tout ce que je sais faire, l’économie, les entreprises, l’innovation, les start-ups … ».

Homo socius, certainement

Daniel Nabet se différencie et s’épanouit dans et par la socialité. Il a donc cette capacité à vivre en société et cette société est pour lui le monde des hommes qui entreprennent : « J’ai  la chance de rencontrer bien des acteurs de cette région et les opportunités d’agir ont suivi. On ne fait jamais rien tout seul, donc j’ai fait des rencontres. Je crois fortement à l’efficacité des réseaux. J’en fais partie, sans honte aucune.  Je fais beaucoup de choses et je pense ne pas être inutile. Au CESER, par exemple, je travaille au sein du groupe Développement local et je m’intéresse au travail des conseils de développement, on est au cœur d’un des grands axes de la réforme territoriale en cours ».

Et Orange dans tout cela ? « Je suis un gros bosseur et je fais tout mon possible pour qu’Orange prenne toute sa place dans le développement de la Champagne-Ardenne ». Et Orange demain ? « Aujourd’hui, Orange n’a pas de plan pour le 1er Janvier 2016. Nos schémas pour le développement du numérique sont particulièrement départementaux. Orange, sur ce terrain départemental sera  l’incarnation d’une stratégie grande région, avec la proximité nécessaire à la satisfaction des consommateurs et des économies locales. Cela n’empêche nullement Orange d’avoir, le temps voulu, une structure grande région ».

Homos socius leader, très certainement

Un défaut ou une qualité ? « Si vous faites partie d’un réseau et que vous ne servez à rien ce n’est pas la peine d’y être. Oui, j’ai une tendance naturelle à vouloir entraîner les autres. Et donc, je n’ai jamais fui mes responsabilités. Mais, être chef pour le seul plaisir d’être chef, ce n’est pas mon truc. Diriger un petit groupe de travail, de recherche, là je suis plus à l’aise parce que les challenges sont plus concrets et plus immédiats ».

Etre chef, c’est quoi ?  Pour Daniel Nabet : pas de chef sans projet précis et partagé par une équipe. Le chef est au bon endroit et au bon moment. Avec des capacités autant innées qu’acquises par l’expérience. Le chef, c’est celui qui fait avancer, qui innove. Un exemple, son tandem avec Joseph Puzo, alors Président de Matéralia, et la création en partenariat avec l’URCA du cluster FabAdd de Charleville-Mézières (fabrication additive).

Orange dans la nouvelle région ALCA ? « Si on me le demande, je serais candidat pour diriger cet échelon futur. Mais Orange, dans la grande région, ne sera pas un grand machin ingouvernable. Une structure légère suffit. La vérité et l’efficacité sont sur le terrain ».

La grande région ? « Rien n’est encore bouclé. N’être pas capitale de région n’empêche pas un territoire d’avoir des projets. Loin des centres de décisions ? Faux, les technologies actuelles de communication nous permettent d’être présents partout, entendus et décisionnels en Lorraine comme en Alsace. La future grande région, ce ne sera pas Strasbourg. Il nous faut, en Champagne-Ardenne des projets solides et la grande région devra les intégrer ».

L’ambition a ses raisons

« J’ai mis vingt ans de ma vie à me déprogrammer des grandes ambitions qu’on me prêtait. J’ai connu le chômage dans ma carrière, évènement bizarre pour un ingénieur des mines. Je n’ai pas des rêves de grand patron. Mais je sais réaliser, au sein d’équipes modestes, des outils du futur, comme ce que nous élaborons dans le cadre du RFID qui est devenu le cœur national des objets connectés industriels et qui va prendre une ampleur européenne ».

Avoir des ambitions n’est pas forcément être un ambitieux. Daniel Nabet aspire à créer des systèmes utiles pour la société. Il veut servir le progrès. Le monde des objets communicants, par exemple, il veut y être fortement. Quand on évoque sa Légion d’honneur, il dit sa fierté d’être reconnu et avoue ce sentiment, somme toute humain, mais très loin de toute gloriole.

Pas forcément Narcisse

Le jardin caché ne peut être que l’Eden. La famille, sa femme et ses trois enfants. Il dit pudiquement que son âme est de ce côté de sa vie. Sa plus grande fierté. Il faut aimer. Daniel Nabet préfère ainsi vivre et travailler avec les gens qu’il aime. Les matins dans son miroir peuvent être d’amour ou de haine. Des lendemains de réussite ou d’échec.

A l’indifférence, il choisit la haine : « Pour réussir, il faut avoir en face de bons et véritable ennemis ». Laisser une trace est son obsession, bien humaine. Rêveur et grand enfant. Il lui arrive même d’éclater de rire. Vous lui demandez s’il est heureux, la question le choque et il répond : « Je ne suis pas malheureux ». Daniel Nabet affirme avoir une vie simple dans un monde d’égos compliqués : «On a trop gaspillé, il va nous falloir changer de mode de vie »

Et sur sa pierre tombale, mais je vous rassure il n’est pas pressé : « Il a bien fait ». Et Champagne pour tout le monde.

 

 

 

 

 

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