L’aventure de la reconstruction de Reims (1919-1930)

La reconstruction de Reims ? Vaste programme ! Dans son nouvel ouvrage, « Reims 1919-1930, reconstruire la cité », Dominique Potier en livre toutes les clés, et des photos encore jamais vues.

Le 7 octobre 1918, le bombardement de Reims s’interrompt, quasiment pour la première fois depuis un peu plus de 4 ans. Mais définitivement. La ville est détruite à 57 %. Sans doute moins qu’on ne le dit habituellement. Entre une maison plus ou moins endommagée et une maison hors d’usage, tout est question d’appréciation… N’empêche, il faut reconstruire. Sait-on que, dès 1915, on s’en préoccupe avec déjà l’idée de « profiter » (et l’on sent ici le poids des guillemets) de la destruction pour ne pas reconstruire « à l’identique ». Avec, sous-jacente, une réflexion urbanistique (même si le mot n’existait pas tout à fait à l’époque) et hygiéniste évidente.

Il fallut pourtant attendre 1920 et le versement des premiers dommages de guerre – sans argent, pas de travaux – avant que ne commence un travail colossal. Un ultime plan d’aménagement fut adopté par décret le 13 août 1920. La Renaissance des Cités, œuvre d’entraide sociale dotée… de fonds américains, avait mit à la disposition de la ville George Burdett Ford, architecte également américain et urbaniste de talent en vue de conclure ledit plan. Sauf que, pour (re)construire la ville imaginée par Ford – neuve, moderne, salubre, opposant le pratique au beau -, il eût fallu littéralement raser Reims. Or, si les bombardements « distillés » par les Allemands avaient détruit les habitations, ils n’avaient guère endommagé le substrat – les rues, les caves, les réseaux souterrains. Dès lors, le coût de la reconstruction eût été totalement insupportable.

Le plan de Ford fut bientôt réduit comme peau de chagrin. Seuls quelques axes, et les cités-jardins initialement prévues hors de l’hyper-centre, témoignent du caractère novateur du projet, et de sa vraie logique urbanistique.

Sans vision d’ensemble architecturale et finalement sans contrainte, la reconstruction de Reims s’effectuera au goût des propriétaires et des quelque 400 architectes et entrepreneurs en bâtiment qui officièrent alors.

C’est ainsi que Reims se rebâtit sur les bases de « l’éclectisme », style architectural majeur de l’époque (1880-1930) dont le « régionalisme », mâtiné d’éléments décoratifs dans l’esprit “Art déco” (qui n’est qu’une une manière de décorer), constitue une des principales expressions des façades édifiées entre 1921 et 1930. Et c’est bien cette hétérogénéité qui fait aujourd’hui toute la richesse architecturale de Reims.

Trois ans de travail

Dominique Potier est passionné par l’histoire de Reims et des ses bâtiments, auxquels il a déjà consacré plusieurs ouvrages – qu’il s’agisse de l’Opéra, des façades, du marché du Boulingrin, de la cité-jardin du Chemin Vert… A l’occasion de ses travaux, il a prit conscience que si l’iconographie communément publiée montrait toujours Reims détruite et Reims reconstruite, on ne voyait jamais Reims au cours de sa reconstruction, qui ne s’est pourtant pas faite par l’opération de l’Ange au sourire ! Voilà le fil rouge de cet ouvrage totalement inédit sur la reconstruction de la ville, qui se parcourt comme un livre d’aventure, puisque c’en fut une. Trois années auront été nécessaires à Dominique Potier pour reconstituer cette période cruciale de l’histoire de la ville, dénicher des documents inédits et, bien entendu, une remarquable iconographie.

 

« Reims 1919-1930, reconstruire la cité »  est disponible à la librairie Guerlin et à la FNAC. un livre édité avec le concours du FOYER REMOIS.

Conférence publique de l’auteur le jeudi 19 novembre 2015 à la Maison commune du Chemin-vert sur la reconstruction de Reims, après la première guerre mondiale.

 

2 Commentaire(s) sur "L’aventure de la reconstruction de Reims (1919-1930)"

  1. Passionné passionnant! un livre à mettre dans toutes les mains: d’où venons nous pour aller où. Très utile en ce moment.
    BRAVO

  2. Allary M.Annick | 3 novembre 2016 à 18 h 22 min |

    Je viens de me promener dans la Cité du Chemin Vert et j’ai été étonnée de l’endroit où on a élevé une fontaine à la mémoire de Georges Charbonneaux. Pourquoi l’avoir placée dans un endroit où elle est complètement cachée ? Il y avait d’autres lieux où cette belle oeuvre aurait pu être mise en valeur !
    PS J’ai participé avec Arts, Loisirs et Culture à une visite très intéressante du Chemin Vert faite par D.Potier

Laissez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.


*