Tous à l’opéra !

Comme un symbole, le Grand Théâtre impose sa stature en plein cœur de Reims, entre la cathédrale et le Palais de justice. Devant ses portes, c’est un flot continu de rémois qui s’activent et passent parfois sans prêter attention à sa magnifique façade. Ils sont pourtant nombreux à se presser les soirs de spectacles.

PHOTO THEATRELa surprise est toujours la même quand le regard découvre cet incroyable théâtre à l’italienne et la magnifique fresque qui orne le plafond. A la direction de ce petit bijou, Serge Gaymard réalise son rêve d’enfant : « Tout jeune, j’allais écouter des opéras. Je m’installais au poulailler, tout en haut… » Ce rémois d’adoption ne se destinait pourtant pas à l’art lyrique : « J’ai effectué mon service militaire au Chili. J’y ai fréquenté des comédiens et metteurs en scène. Ça a été le vrai déclic. Quand je suis rentré en France, j’ai laissé tombé ma thèse en mathématiques et je me suis consacré à l’opéra. »

Depuis il travaille sans relâche pour combattre les immanquables clichés : « Nos spectacles ne sont pas réservés à des érudits polyglottes, l’opéra ce n’est pas une castafiore qui promène ses rondeurs dans un décor de carton pâte. » Il multiplie donc les actions. « Nous allons à la rencontre des gens, dans les établissements scolaires et les associations étudiantes, nous déplaçons des spectacles dans les maisons de quartier ». La programmation s’ouvre également au jazz vocal, à des spectacles jeune public, encourageant la découverte : « Lors d’une opération portes ouvertes, il y avait un père penché vers deux jeunes enfants de 7-8 ans, un peu en colère. Quand je passe à côté d’eux, j’entends : « il faudrait savoir, tout à l’heure vous ne vouliez pas rentrer et maintenant vous ne voulez plus partir ! » J’ai beaucoup aimé ce clin d’œil. »

Parmi les spectacles à venir, un éclairage sur Zoopsie Comedi les 29, 30 et 31 décembre pour passer un réveillon décalé : cette revue est déjantée, drôle, avec des magnifiques costumes dessinés par Christian Lacroix, un vrai divertissement.

Une nouvelle raison de pousser les portes du théâtre et de vivre des instants rares : « Ma plus grande émotion est toujours la même. Il y a un moment à la fin des opéras quand la tension musicale est à son paroxysme, où le silence et l’émotion sont palpables. A cet instant, je vois dans le public des gens qui pleurent. L’opéra est l’un des seuls endroits où l’on peut pleurer sans crainte. »

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