François Baroin: un portrait

CREDITPHOTO LE NEVE

Il y a quinze jours, REFLETS Actuels, dans son numéro de mars, vous proposait un portrait de François Baroin, nommé le 22 mars 2010 ministre du budget. En voici le texte intégral signé par Gérard Delenclos.

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François Baroin:  La réserve chiraquienne de la majorité présidentielle
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45 ans au mois de Juin prochain, 47 ans en 2012 et … 52 ans en 2017, mais déjà plus de 20 ans en politique. Conseiller municipal de Nogent-sur-Marne à 24 ans, Député de l’Aube à 28 ans, Maire de Troyes et Ministre à 30 ans. Commentaire de l’intéressé : « Une addition de circonstances et beaucoup de détermination et surtout avoir trouvé avec la politique un moyen de donner du sens à ma vie et de rendre ce que j’ai reçu ».

François Baroin exerce son troisième mandat de Maire. Elu depuis 1995, il avoue adorer sa ville et le département de l’Aube au point d’avoir, par conviction comme par respect pour son équipe municipale et ses électeurs, repoussé son éventuelle candidature aux élections régionales, là où on l’attendait à coup sûr. Il ne le dit pas, peut-être le pense-t-il. La Champagne-Ardenne est décidément une notion bien trop administrative pour les Aubois. Et donc …

Le Député-Maire de Troyes n’est pas un Champardennais et cette affirmation n’est pas une surprise. Pour lui, le fait régional a bien du mal à émerger : « Notre région est en mal d’existence et en mal d’identité. Donc, je me sens troyen et aubois et de manière plus lointaine champardennais. C’est un fait : nous avons malheureusement du mal à exister dans cette région ».

L’héritage gaulliste

2010, l’année Charles de Gaulle ? L’homme de Colombey-les-deux-églises ? Un sentiment de respect et certainement un modèle. Pour François Baroin, le Gaullisme n’est ni une idéologie politique ni une boîte à outils pour ceux qui n’ont pas d’idées. Le Gaullisme c’est : « Le sens de l’Etat, l’équilibre républicain, la voix de la France dans le Monde et un pragmatisme capable de préserver un modèle social que Charles de Gaulle a su forger dès les lendemains de la guerre »

Etre gaulliste aujourd’hui ? « Ceux qui veulent enterrer le gaullisme ont certainement des revanches à prendre. La seule notion de rassemblement et la haute exigence de la mission de l’Etat font du gaullisme une idée vraiment contemporaine ». On peut se dire gaulliste, mais avec une certaine humilité. François Baroin l’a appris auprès de Jacques Chirac. « La seule notion gaulliste du sens de l’Etat est un des guides de mon action politique ».

Entre réserve et différence

La politique aujourd’hui ? François Baroin fait remarquer que le quinquennat a bouleversé la donne en faisant se rencontrer la majorité présidentielles et la majorité législative. Rien d’étonnant à ce que la réalité politique soit devenue celle d’un régime présidentiel. Reste la gouvernance, marquée par une forte concentration du processus de décision, au détriment du Gouvernement et du Parlement.

Comment se faire entendre quand on est chiraquien dans la Majorité ? Parler un peu plus fort que les autres, répond François Baroin. « Tous les députés ne doivent pas leur mandat au seul fait de l’élection de Nicolas Sarkozy. Le vrai problème est le pouvoir décisionnaire conséquent de l’Elysée ». Loyal à Nicolas Sarkozy, François Baroin et d’autres avec lui feront avec … jusqu’en 2012.

2017 ? François Baroin ricane : « J’ai fait un important travail de mémoire et je n’ai pas trouvé la trace d’un réveil matin, à l’âge de six ou sept ans, me disant : tiens, tu vas être Président de la République ! ». Prière de ne pas insister. Une telle idée n’a aucun sens, même si sept ans s’avèrent une échéance relativement courte en politique. Et, décidément résolu, le Député-maire en rajoute : « Je fuis ce contexte médiatique qui consiste à créer du buzz autour d’une carrière qui correspondrait à telle ou telle aspiration ».

Et l’homme en dehors de la politique ? Suit un certain silence. Question « people » ? Et puis cette réponse, quasi-langue de bois, étonnante au point qu’on pourrait l’attribuer à certains bouts de course de la chose publique : « Je suis un homme de son temps qui trouve dans la politique un moyen utile de faire passer les valeurs qui lui ont été transmises. Un homme qui aime sa famille et ses enfants et qui déteste le mensonge et la lâcheté ».

Voilà pour le discours convenu. Pour l’avenir à moyen terme : attention valeur sure. Et tout le temps avec lui. La Mairie de Troyes pourrait bien cacher un aspirant à un rôle national de tout premier plan. Ne lui dite pas. C’est encore trop tôt.

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