L’Ordre des Coteaux de Champagne, lieu d’union sacrée

Confrérie bachique dont les origines remontent au 17e siècle, l’Ordre des Coteaux de Champagne met en valeur les vins de champagne dans toute leur diversité. Urbi et orbi…

Si ce n’était le décorum, on aurait tôt fait d’imaginer une confrérie bachique comme une bande de joyeux drilles qui se gobergent et se tapent sur le ventre lors de soirées bien arrosées. Trop caricatural pour être vrai. Au demeurant, on peut apprécier le bon vin sans bouder son plaisir, en épicurien, tout en assurant la promotion de celui que l’on célèbre. C’est évidemment dans cette optique que l’on envisage l’Ordre des Coteaux de Champagne.

Défense et illustration

D’ailleurs, comme l’explique fort bien l’actuel commandeur Michel Drappier, « il y a un réel et profond enracinement de l’Ordre à la vigne, à l’histoire des coteaux. Le champagne est le vin d’un terroir, d’une région, qui exprime un lien très fort avec la terre, le patrimoine. En ce sens, l’Ordre des Coteaux de Champagne défend le champagne ». Quoi de plus naturel, en somme ? En tout œcuménisme, de surcroît, entre Maisons et vignerons, négoce et propriétaires. Moyennant quoi, l’Ordre s’affiche clairement comme un outil de promotion du champagne, relayant et illustrant, si l’on peut dire, la politique globale de communication du Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne.

Tradition et modernité

Attaché à un certain parfum « old England », avec des traditions et un rituel qui ont traversé les âges, des rois aux républiques, l’Ordre vit néanmoins avec son temps, rajeunissant ses effectifs et tenant chapitres, parfois bien au-delà des frontières nationales (au Japon, à Singapour, aux Etats-Unis, etc…), jusqu’en des lieux surprenants – si ce n’est a priori improbables – tel l’ « Autostadt », le musée automobile ultra moderne de Woolfsburg (Allemagne), en octobre dernier.

Les chapitres sont toujours l’occasion d’introniser des personnalités françaises ou étrangères – ou des grands serviteurs du champagne – dont le rayonnement naturel en fait les ambassadeurs d’exception de ce vin qui ne l’est pas moins. Citons, parmi les plus récentes, le Troyen François Baroin,  le navigateur Michel Desjoyeaux, le baryton Ruggero Raimondi ou, plus original, quatre élèves (et leur professeur) de la classe de dégustation de l’Ecole Polytechnique. Et si l’Ordre compte ainsi quelque 4 000 membres à travers le vaste monde, Michel Drappier assure que « c’est l’endroit où la Champagne est la plus unie ». Il ajoute également que l’Ordre des Coteaux de Champagne est un lieu festif et convivial, « où l’on rit bien ». Nous voilà pleinement rassurés…

Depuis 1656

« Depuis 1656 » peut-on lire en tête du site www.ordredescoteaux.com. Il est vrai que l’on retrouve historiquement de traces de l’Ordre au début de la seconde moitié du 17e siècle, « aimable, élégante et gastronomique confrérie » composée de jeunes nobles de la cour de Louis XIV, qui aimaient à célébrer les vins des coteaux d’Aÿ, Avenay et Hautvillers à une époque ou la Champagne donnait ses lettres de noblesse (notamment sous l’impulsion de Dom Pérignon) au champagne.

L’Histoire passant, on sait que les ordres, témoins de l’Ancien Régime, connurent une éclipse après la Révolution, avant de renaître sous Napoléon III.

Toutefois, l’Ordre des Coteaux de Champagne ne… reprendra vraiment du service qu’après la Deuxième Guerre mondiale, époque où les échanges commerciaux retrouvaient une certaine vigueur.

L’essor moderne de l’Ordre, à partir de 1956, est dû notamment au commandeur Roger Gaucher, ainsi qu’à François Taittinger, Bernard de Nonencourt et Jacques Mercier qui lui ouvrirent les portes de leurs Maisons.

 

Photos
Ordre des coteaux-De gauche à droite : Ruggero Raimondi, le commandeur Michel Drappier et Fabrice Rosset (président du Champagne Deutz).

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