L’économie solidaire des patrons marnais

Les patrons du département de la Marne sont très inquiets de la situation dans leur département. Ils ont décidé de s’unir, un rassemblement «peu habituel et symbolique», au sein d’un laboratoire d’idées.

CGPME, MEDEF, UPA, Chambres de Commerce, Artisans, Agriculteurs, toutes les organisations patronales étaient réunies à la Chambre de Commerce de Reims, ce mercredi matin, pour tirer le signal d’alarme et annoncer leur volonté commune.

Le constat est accablant et, pour le dresser, les termes employés sont crus. Jean-Paul Pageau, Président de la CCI de Reims :  « Nous sommes dans la m… », ce qui a le mérite d’être clair !. « L’horizon n’est même pas en 2014, c’est la fin de cette année et au mieux l’année 2013 ».

Hausse du chômage, baisse d’activité, hausse des impôts, baisse du moral des entreprises, salariés inquiets, manque de visibilité…..Une situation dramatique et des difficultés qui s’accélèrent. Une photographie en noir plutôt qu’en couleur de l’économie de la Marne à peine retouchée par le représentant du monde agricole.

Ce qui conduit bien sûr à demander aux patrons rassemblés autour de la table leur opinion sur les mesures gouvernementales annoncées la veille.  La réponse immédiate est prudente : «cela va dans le bon sens mais il faudra voir avec les décrets d’application…des orientations intéressantes, un certain espoir auquel il faut s’accrocher…». On sent bien que les acteurs économiques ne sont pas totalement convaincus et, après un premier tour de table, les positions sont plus tranchées.

Pour le représentant de l’ UPA, «on a manqué une nouvelle occasion de réformer la protection sociale » et Jean-Paul Pageau de dire sa déception « quid de la grande réforme fiscale, rien sur la santé et les retraites, pas de réforme du Code du Travail, rien pour redonner l’espoir aux salariés et donc relancer la consommation».

Une fois de plus, le coût du travail revient à la une. Pour Régis Jacob, qui représente  les syndicats d’exploitants agricoles, celui-ci va devenir insupportable pour les employeurs mais aussi pour les salariés. Il cite l’exemple de la quetsche lorraine. Pas de récolte en 2011 et 135 ha arrachés car trop cher par rapport aux produits allemands. L’asperge de la Marne va subir le même sort, prédit-il. Pour lui, seule la TVA sociale est le remède qui crée un double effet, à la fois sur la baisse du coût du travail intérieur et la hausse du prix des produits importés.

Pour André Deslypper, le représentant du MEDEF, « il ne faut pas se résigner, la situation actuelle est aussi une question de moral ». C’est donc uni que le monde patronal lance ce laboratoire d’idées qui va se réunir chaque mois sur un thème donné et imaginer les voies innovantes pour relancer l’économie locale. Première réunion en décembre sur la démographie et la fuite de la matière grise. Dossier à suivre mais peut-il être traité dans l’urgence évoquée tout au long de la réunion ?

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