Le Grand Reims plutôt que Châlons…

Dans le projet d’organisation territoriale proposée par le Préfet de région aux communes de la Marne, Reims se voyait marier à Châlons.  Pour éviter ce mariage « forcé », les élus de Reims prennent les devants et proposent de constituer « le Grand Reims ».

A défaut d’avoir obtenu le statut de Métropole à l’image de Brest Métropole Océane, et pouvoir transformer «la gifle en caresse» selon l’expression chère à la Présidente de Reims Métropole Catherine Vautrin, Reims veut organiser la cohérence de son territoire et se construire un avenir dans la future grande région. Ce territoire comprendrait notamment le pôle IAR de Pomacle et la communauté de Communes Beine-Bourgogne (CCBB) présidée par le Sénateur Yves Detraigne au nord de la ville et la Communauté de communes Champagne-Vesle (autour de Gueux mais aussi de Thillois et de la zone commerciale IKEA) à l’ouest.  Un ensemble de près de 300 000 habitants, encore loin certes du seuil de 400 000 habitants retenu par le législateur pour les métropoles mais qui a, à l’évidence, du sens.

Samedi, Arnaud Robinet le Maire de Reims et Catherine Vautrin, la Présidente de Reims Métropole ont fait part, dans un communiqué commun, de leur vision du « Grand Reims ».

Acte I: Rupture des fiançailles. « Ces dernières semaines nous ont en permis d’être les témoins de l’émergence historique de la volonté de la quasi-totalité des élus du bassin de vie rémois, de constituer le « Grand Reims » ; les maires des communautés de communes de Vesle et Coteaux de la Montagne de Reims à la CC de Fismes Ardre et Vesle, en passant par les CC de la Vallée de la Suippe, du Nord Champenois, des Rives de laSuippe, de Beine Bourgogne jusqu’aux CC Champagne Vesle et d’Ardre et Chatillonnais, jamais la notion essentielle du bassin de vie rémois, n’a fait autant sens et n’est devenue aussi concrète, tangible et partagée. C’est la raison pour laquelle nous souhaitons exprimer notre opposition à la carte proposée par le Préfet de la Marne. Dans le terme bassin de vie, il y a le mot vie. Ce n’est pas un hasard. Reims Métropole ne fusionnera pas avec les territoires proposés par cette nouvelle carte parce qu’il a été refusé à Reims Métropole d’intégrer une partie essentielle d’elle-même, c’est à dire une partie de ses propres habitants (familles, salariés…) et de son propre son tissu économique« .

Acte II: « Réunir la famille »: « Après avoir échangé à plusieurs reprises avec l’ensemble des maires du bassin de vie rémois, nous nous rejoignons tous pour dessiner les contours d’une vision partagée du Grand Reims qui s’imposent à nous comme une évidence. Les premiers éléments programmatiques vont dans le sens d’un renforcement de l’attractivité et de l’amélioration de la qualité de vie de ce territoire. Préalablement, nous nous attacherons à co-organiser une gouvernance adaptée et efficiente qui recevra l’aval de tous les maires, parce que basée sur la confiance et le sentiment d’appartenance à ce territoire commun. Nous en appelons donc à tous les maires du bassin rémois ; REIMS METROPOLE est notre horizon commun, et chacun d’entre nous savons mieux que quiconque la nécessité de développer notre bassin de vie, au service des familles comme des entreprises« .

Acte III: « Séduire » « Nous sommes les dépositaires et les garants du devenir d’un territoire dont nous portons ensemble l’ambition de développement et d’excellence, tant environnementale et économique que sociale et humaine. Nous appelons tous les maires du bassin rémois à voter contre le projet de schéma de l’intercommunalité par une délibération en conseil municipal votée avant le 11 décembre prochain, comme nous le ferons en séance extraordinaire du conseil municipal de Reims et d’agglomération de Reims Métropole le 7 décembre prochain ».

Pour autant, on ne se fâche pas avec l’ex. « A nos amis Châlonnais nous souhaitons redire toute notre disposition à engager toujours plus de collaborations à l’image des clubs sportifs ou de l’agence d’urbanisme commune. Il viendra le temps où un rapprochement spontané verra le jour, véritablement  suscité par nos concitoyens et par leurs premiers représentants, les maires de nos bassins de vie respectifs. C’est le sens de l’Histoire et des évolutions futures des contours politico-administratifs de nos collectivités ».

Un feuilleton à suivre dans les semaines qui viennent avec la réaction de Châlons et les votes à intervenir.

10.31 La réaction de Châlons ne s’est pas fait attendre. Benoist Apparu, chez nos confrères de l’Union ce matin, parle d' »erreur stratégique »

Le projet de redécoupage territorial est l’une des conséquences pratiques de la loi NOtre. Le projet de schéma a été présenté par le Préfet le 12 octobre. Les communautés de communes ont jusqu’au 15 décembre pour délibérer sur les propositions préfectorales. Les demandes de modifications seront examinées en février 2016 par la Commission départementale de coopération intercommunale (CDCI) et adopter à la majorité des 2/3. Le schéma définitif devra  être signé pour le 31 mars 2016.

 

 

 

Soyez le premier à commenter "Le Grand Reims plutôt que Châlons…"

Laissez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.


*