Champagne: une année record

Jean-Marie Barillère, le coprésident du CIVC annonce une nouvelle année record pour 2017.
Si la vendange 2017 a donné plus de raisin que l’année précédente, la qualité, malgré des efforts de tri des grappes sans précédents, sera moindre. Pas de panique, le Champagne est un vin d’assemblage et la réserve qui sera vraisemblablement plus sollicitée qu’à l’ordinaire va tirer la production vers le haut. Là où elle doit être, précise Jean-Marie Barillère.
Peut-on esquisser un bilan prévisionnel des expéditions 2017 ? Aux alentours de 312 millions de bouteilles et près de 5 milliards d’euros ! Large sourire du coprésident du CIVC : « Nous allons vers une année record. Les chiffres d’Octobre sont bien meilleurs que ceux de l’année dernière et les deux derniers mois de l’année seront certainement en progression ».
Alors que les ventes sur les 12 derniers mois affichent à fin Septembre un recul global de 0,2%, les 312 millions de bouteilles annoncées pour 2017, se traduiraient par une progression de 2% contre une baisse de 2% en 2016. Le dernier trimestre va donc inverser la tendance d’une manière spectaculaire.
Jean-Marie Barillère détaille cette embellie globale : « A fin Octobre, pour la première fois depuis six ans, le marché français est en légère augmentation. Sur l’Union Européenne, l’an dernier l’impact du Brexit a été conséquent. Mais d’autres pays européens sont en train de compenser cette situation, notamment avec des bouteilles de haut de gamme. On aura, cependant, une nouvelle baisse, mais moindre que ce que l’on pouvait craindre. Quant aux pays tiers, on ne sera pas loin d’une progression à deux chiffres. Si les USA, le Japon et l’Australie sont les locomotives de ce marché, l’Asie du Sud Est poursuit une belle expansion de ses achats de Champagne ». En ce qui concerne le potentiel énorme du marché chinois, actuel gros consommateurs de vins importés, la patience s’impose. C’est une question de culture précise Jean-Marie Barillère : « Sur cet énorme marché, le Champagne est en période d’investissement. Le vin préféré des Chinois est
aujourd’hui le rouge, c’est un modèle lié à la couleur. Le blanc va mettre un certain temps à s’affirmer. On peut être raisonnablement optimiste sur ce marché, il faudra encore un peu de patience ».

Un record proche des 5 milliards d’euros
Entre 4,8 et 5 milliards d’euros pour le chiffre d’affaires 2017, contre 4,7 milliards en 2015 et 2016. Le coprésident du CIVC est confiant, à cent millions d’euros près : « On constatera donc à fin Décembre un chiffre d’affaires record. Les ventes à l’exportation sont porteuses de cette valorisation indispensable du produit ».

Et cette valorisation amène cette réflexion catégorique de Jean-Marie Barillère à propos du prix du raisin : « Oui, il y eu des augmentations de prix à la vendange 2017. Certains n’ont pas hésité à payer la qualité. L’important est dans la capacité des professionnels à bien vendre le Champagne. Le prix du raisin est, de plus en plus, un investissement pour mieux vendre. Les efforts du terrain pour arriver à une qualité optimum se traduisent par un raisin plus cher ». Prière de revenir aux sources, c’est le prix de vente de la bouteille qui a toujours dicté en Champagne le prix du raisin.

Le label UNESCO est l’affaire de tous les Champenois
« On avance sur ce terrain, mais là aussi il faudra du temps. Des projets se développent sur l’ensemble de l’aire d’appellation. Mais le monde du Champagne n’est pas le seul concerné par
l’embellissement du paysage et par la dynamique de l’oenotourisme. Le monde politique a sa carte à jouer sur les territoires concernés. La Champagne a besoin d’une prise de conscience commune de tous les acteurs de la région. Ce patrimoine fait rêver le monde entier. Nous devons être en phase avec ce rêve ». Quand ? Jean-Marie Barillère temporise. Une question de deux décennies peut-être. Fédérer en la matière demande du temps. Mais l’expansion « naturelle » des ventes de Champagne n’impose peut- être pas la précipitation. La culture de l’oenotourisme en Champagne en est encore aux balbutiements.
En route vers une viticulture durable
Entre 3 500 et 4 000 hectares sont aujourd’hui certifiés « Viticulture durable » en Champagne. « D’ici à une quinzaine d’années, 30 000 hectares seront concernés, annonce Jean-Marie Barillère. Nous sommes dans un effort considérable de certification des modes d’élaboration du Champagne. La vigne commence à être travailler différemment. La viticulture durable s’installe un peu partout. Face à un produit d’excellence, chaque acteur ne peut que s’interroger sur une amélioration constante de la qualité et de l’exemplarité de sa production. Le CIVC y a sa part, ne serait-ce qu’en vérifiant, tout à fait en aval, que la qualité est bien présente sur le marché ».

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