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Jean-Michel Jacquet : « C’est la dignité de l’architecte de construire sans céder à la facilité de l’immédiat »

Le sens d’un projet comme la clinique de Courlancy, sa pérennité, mais également son rôle dans le rayonnement du territoire… Qui, mieux que « son » architecte, Jean-Michel Jacquet, pour en parler ?

Jean-Michel Jacquet, vous êtes l’architecte de la clinique de Courlancy, à Bezannes, qui vient d’ouvrir ses portes. Avec ses 45 000 m2 et ses 469 lits et places, s’est-il agi de votre plus grosse réalisation ?

Jean-Michel Jacquet : En tous cas, c’est l’un des dossiers les plus importants que j’ai eus à traiter. En revanche, je crois pouvoir dire que c’est effectivement le plus complexe qu’il m’ait été donné de concevoir. Je dois dire que je suis infiniment reconnaissant à Jean-Louis Desphieux (NDLR : Pdg du Groupe Courlancy) de m’avoir accordé sa confiance pour ce projet.
Il y avait, certes, la complexité de l’ouvrage ; il y avait aussi une maîtrise d’ouvrage portée par quatre entités : Icade Santé (dont je dois également remercier la présidente, Françoise Delettre, pour sa confiance), le Groupe Courlancy, Icade Promotion et les SCI de médecins. Arriver à un consensus entre tous ces acteurs exige pas mal de diplomatie…
J’y suis d’autant plus sensible que ce n’est pas forcément une habitude rémoise, les ouvrages d’envergure, quelle qu’en soit la nature, étant souvent confiés à des architectes parisiens. En la matière, ne peut-on pas y voir un risque de ‘mise sous tutelle’ ?

Finalement, quelle a été votre principale contrainte ?

Jean-Michel Jacquet: Conserver la vision générale du projet, du début jusqu’à la fin – en l’occurrence, 6 ans. Mais c’est le rôle de l’architecte !

Cette vision générale dont vous parlez, comment faut-il la définir ?

Jean-Michel Jacquet: D’une part, il s’agit d’offrir le lieu le plus efficace pour le personnel soignant, avec le meilleur confort d’usage. D’autre part, à l’égard du patient, il s’agit d’un endroit qui dédramatise l’espace, avec beaucoup de lumière naturelle, la présence de végétation, et des standards d’aménagement et de décoration voisins de ceux de l’hôtellerie, qui vont au-delà de la perception classique de l’hôpital.
En outre, nous avons envisagé et intégré dans la conception de la clinique son évolution dans 10, 20, 30 ans… C’est fondamental. Il sera possible de rajouter des éléments qui viendront compléter l’existant sans le perturber. C’est une synthèse entre l’hôpital pavillonnaire (que l’on trouve à Paris, par exemple) et la tendance actuelle du plateau hospitalier avec patios.

Mais à quoi ressemblera la clinique de Courlancy dans 30 ans ?

Jean-Michel Jacquet: A ce qu’elle est aujourd’hui puisque sa pérennité a été envisagée notamment dans les matériaux de façade, et également dans l’objectif de sa labellisation Haute Qualité Environnementale. C’est la dignité de l’architecte de construire sans céder à la facilité de l’immédiat.

Comment le lieu d’implantation a-t-il été déterminé ?

Jean-Michel Jacquet La réflexion a été menée par rapport à l’attractivité de la métropole. Sous cet angle, Bezannes présente l’avantage d’une liaison tramway intra-muros, de la proximité de la contournante sud de l’A4 permettant d’assurer les liaisons routières extra-urbaines, et de la gare TGV. Si l’on ajoute la proximité du Centre Hospitalier Universitaire, on se trouve en présence d’un pôle santé à la fois public et privé unique en France qui permet d’anticiper l’offre de soins du territoire et de faire rayonner la métropole rémoise.
Propos recueillis par Jacques Préville

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