Claire Taittinger: « je veux faire des Flâneries, une vraie fête… »

Portée à la présidence des Flâneries musicales de Reims  le 13 décembre dernier, Claire Taittinger a succédé à Jean-Louis Henry en apportant sa propre sensibilité dans l’organisation d’un festival dont l’édition 2018 débute dans quelques heures. Propos recueillis par Catherine Landron pour REFLETS Actuels

Vous portez un nom connu, mais les Rémois savent peu de choses de vous.
Sans doute parce que je n’ai exercé ni fonction politique ni mandat et que je ne travaille pas pour la maison Taittinger !

Quel a été votre parcours ?
J’ai suivi des études de lettres et marqué un temps d’arrêt pour élever mes enfants avant de m’occuper de grands comptes dans une affaire industrielle. J’ai ensuite travaillé pour le Groupe du Louvre, assurant en particulier la gérance de plusieurs hôtels. Je me suis également occupée de vignes en Savoie, dans un lieu extraordinaire. Mes racines sont dans les montagnes : je suis née à Innsbruck, mon père était officier dans les chasseurs alpins et nous avions une maison à Chamonix.

Quand la musique est-elle entrée dans votre vie ?
Ma mère était violoniste. J’ai moi-même toujours pratiqué la musique : violoncelle, viole de gambe, chant… A mon arrivée en Champagne, je me suis occupée avec Sylvie Petizon d’organiser des concerts, dans le cadre de Art Musée Musique et de l’ADAC. J’aime la musique, elle me poursuit !

Comment concevez-vous votre rôle de présidente ?
Ce n’est pas un rôle que je voulais à tout prix. Si je l’ai accepté, c’était à la condition que tout le monde travaille avec moi. C’est le cas. J’ai à mes côtés dans le bureau de grands connaisseurs de musique qui sont impliqués et une équipe permanente formidable, très professionnelle, précise, organisée. Cette présidence, je la conçois dans le partage. Même si à la fin, c’est moi qui décide, je suis à l’écoute et à la disposition de tout le monde. Pour l’instant, je m’imprègne et j’apprends encore. Je constate qu’il y a une bonne ambiance, une vraie loyauté entre nous. Personne ne se retient de dire les choses.

Sous quels auspices se placent vos relations avec le directeur artistique, Jean-Philippe Collard ?
Les auspices, je l’espère, nous serons longtemps favorables. Tout se passe de façon bienveillante et joyeuse et je dois dire que nous essayons, autant que faire se peut, de soutenir tous ses projets. J’ai beaucoup d’admiration pour l’artiste qu’il est et pour son sens de la programmation.

Qu’est-ce qui fait la force du festival ?
Il accomplit avec succès sa mission d’ouvrir la musique classique au plus grand nombre et d’inciter à flâner et à découvrir le patrimoine rémois. Et il est devenu une vraie marque, connue nationalement. Il faut se rappeler que le festival est l’instrument voulu par la Ville pour faire rayonner Reims en France et à l’international. Sur ce dernier point, nous pouvons mieux faire, notamment en promouvant les Flâneries vers les zones frontalières. C’est pourquoi nous venons de nous adjoindre les services d’une nouvelle attachée de presse qui a l’expérience des festivals et connaît très bien la presse musicale ainsi que la presse touristique. Nous nous sommes aussi rapprochés de l’office de tourisme dont c’est le métier de faire rayonner Reims.

Qu’en est-il de son financement ?
Nous avons la chance d’être très soutenus par la Ville, et même gâtés. Si nous créons un événement particulier pour les 30 ans des Flâneries l’an prochain, nous nous permettrons toutefois de lui demander un petit effort supplémentaire… Les entreprises partenaires sont une autre composante importante des Flâneries, qui sidère les associations comme la nôtre. Peu de festivals rassemblent autant de mécènes pour un apport qui est loin d’être négligeable. Ils sont certes un peu moins nombreux cette année mais il est normal dans une manifestation au long cours qu’il y ait des va-et-vient. En tout cas, la tendance, dans notre association comme ailleurs, est à serrer les budgets. Je n’exclus pas à l’avenir de revoir les conditions d’entrée aux concerts. Qu’on ne se méprenne pas : il ne s’agirait pas d’approcher les tarifs pratiqués à Paris, mais d’augmenter peut-être très légèrement le prix du billet. Quoiqu’il en soit, par souci d’équilibre financier comme par respect pour les artistes, je ne suis pas favorable à la gratuité.

Comment voyez-vous les choses évoluer dans les prochaines années ?
Il y a à Reims une belle qualité de vie mais je trouve qu’on ne s’y amuse pas assez. Je veux faire des Flâneries une vraie fête et une vraie joie ! La Ville nous a demandé de créer, en plus du festival, une saison de musique classique. Il existe déjà à Reims de nombreux événements classiques, organisés par l’Opéra de Reims, le Conservatoire, l’ADAC, le palais du Tau… La solution n’est-elle pas de travailler ensemble, d’aller vers des coproductions ? Nous avons commencé à nous réunir, ne serait-ce que pour accorder nos programmes, éviter que des dates se télescopent. Nous n’en sommes qu’au début des discussions mais je les trouve déjà instructives et constructives.

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