Gérard Rondeau: aux quatre coins de son œuvre

Gérard Rondeau -autoportrait 2008

Pour éclairer l’œuvre laissée par Gérard Rondeau, le Département de la Marne jusqu’au 30 novembre 2018 une exposition déclinée dans quatre thèmes et quatre lieux différents. Une façon originale de rendre hommage à un photographe singulier.
« C’était l’un des photographes les plus fins, élégants, généreux, attentifs et patients que j’ai croisés depuis que je me passionne pour la photo (…). Il s’appelait Gérard Rondeau, il nous a quittés hier à 63 ans à la suite d’un cancer fulgurant. Un ami irremplaçable. Il est parti comme il vivait : discrètement. » Les simples mots de l’écrivain Pierre Assouline à propos de l’illustre marnais disparu en 2016 disent la haute estime en laquelle le tenaient ses pairs, les milieux culturels et son département de naissance. Un département d’où il est parti à la rencontre d’autres mondes pour mieux revenir. Un département qu’il a battu et rebattu, trouvant toujours de puissantes sources d’inspiration, faisant son profit de tout ce qu’il voyait et de tout ce qu’il entendait. Ces sauts d’un horizon à l’autre, d’un sujet à l’autre, sont l’essence même de l’événement photographique organisé du 15 septembre au 30 novembre dans la Marne. Son titre, « Rien que la terre », est emprunté à un ouvrage de Paul Morand, composé de notes de voyage. « On n’allait pas refaire l’exposition de 2015 au Cellier ni ne produire que des photos de la Marne, ce qui aurait été trop réducteur pour évoquer le travail de Gérard. Le titre Rien que la terre recouvre bien l’idée d’un parcours, d’un voyage, qui nous est apparu comme une évidence », confie Sylvie Rondeau, commissaire des expositions.
Quatre expositions, quatre thèmes, quatre lieux. Chaque ville accueillant un volet de cette quadrilogie a été choisie en raison de son lien avec l’auteur : le thème « Guerres » à Châlons (Archives départementales) où il est né et où se déroule chaque année le festival War on Screen, en correspondance avec son traitement des champs de bataille ; le thème « Portraits » à Aÿ (Villa Bissinger) dont les vignes plongeantes et les grandes figures champenoises rappellent qu’il était petit-fils de vigneron ; le thème « Architectures » à Reims (Maison du Département) où il a vécu et saisi la cathédrale dans l’une de ses photos les plus emblématiques ; et le thème « Paysages » à Dormans (Mémorial), ville voisine de Chassins qui était son dernier havre.

Reims la cathédrale 1989

Pour témoigner de 40 ans de visions, d’émotions, de mystères, de détails impressionnés par son mari, Sylvie Rondeau n’était pas sans ressources : « Je n’invente rien. Gérard a laissé beaucoup de supports, plus de 35 livres, et il avait écrit un projet sur les paysages. Je suis partie du potentiel existant en essayant de sélectionner des photos qui n’ont pas été montrées depuis longtemps, même si cette présentation différente peut amener un regard différent, y compris sur des photos connues. » Dans cette anthologie établie pour l’exposition, elle a ses préférées : la série sur la cathédrale de Reims et son bal d’étourneaux, mais aussi la photo de mains posées sur une tombe dans un cimetière juif en Champagne-Ardenne. La conclusion à Pierre Assouline : « Silhouettes, regards, lumières : tout un monde, son univers, sa sensibilité, son héritage. Tant qu’on les regardera, ils vivront. »

Légendes photos
– Gérard Rondeau, autoportrait, 2008
– Reims, la cathédrale, 1989

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