Simone Veil: une inauguration « politique »

Ce jeudi 9 mai, jour de l’Europe, Reims inaugurait le nouveau parvis de l’Hôtel de Ville qui porte désormais le nom de Simone Veil.

Avant la prise de parole du Maire de Reims, un message de Jean et François Veil a été lu. Les enfants de Simone Veil y expriment la “reconnaissance et la fierté de toute la famille Veil” . Ils disent combien, à leurs yeux, l’histoire de la ville, ville de la capitulation allemande le 7 mai 1945 mais aussi de la réconciliation le 8 juillet 1962 lors de la rencontre du Chancelier allemand Konrad Adenauer et du Général de Gaulle, n’est pas sans lien avec celui de leur mère “ Nous sommes tous les deux nés après la seconde guerre mondiale et nous appartenons à la première génération de Français qui n’aura pas connu la guerre sur le territoire national. Quel privilège ! Quelle dette aussi vis-à-vis de nos enfants qui nous oblige à perpétuer l’immense défi que nous impose le renoncement à la revanche, les sacrifices et le courage de nos parents. Ce privilège est le résultat des combats menés par les Européens qui se sont consacrés à la construction de l’Europe…Comment ne pas ressentir une fierté particulière au choix que vous avez fait en faveur de maman en adoptant son nom pour désigner, ce jour précis du 9 mai…”. Dans leur lettre, les enfants de celle qui était la fille d’André Jacob, architecte et grand prix de Rome, écrivent aussi qu’elle “aimait infiniment l’art déco et ses visites à Reims la réjouissait toujours. Enfin, appréciant le champagne, nous imaginons que maman aurait surement beaucoup aimé vivre avec vous à Reims”.

Dans sa prise de parole, le Maire de Reims a d’abord remercié “l’ensemble des services et des agents, des entreprises et des ouvriers” qui ont réalisé ce chantier de la rénovation de la place de l’Hôtel de Ville, chantier “terminé en avance, ce qui est une chose suffisamment rare pour être soulignée”. Puis Arnaud Robinet a rendu hommage à Simone Veil, citant un passage de son autobiographie “Dans les différentes fonctions que j’ai occupées, au gouvernement, au Parlement européen, au Conseil constitutionnel, je me suis efforcée de placer mes actes au service des principes auxquels je demeure attachée par toutes mes fibres : le sens de la justice, le respect de l’homme, la vigilance face à l’évolution de la société. C’est par ces mots que Simone Veil dans son autobiographie « une Vie » faisait le bilan de ce qui lui servait de règle de conduite autant que de morale : – une foi en l’avenir faite de bienveillance et de réalisme qui la poussait toujours à s’engager pour ce qu’elle “pensait juste” et retraçant le parcours exceptionnel de cette femme, née à Nice, déportée à l’âge de 16 ans, femme politique, Ministre à qui la France doit certaines de ces grandes avancées sociétales, Européenne convaincue, première Présidente d’un parlement européen élu au suffrage universel, membre du Conseil Constitutionnel et de l’Académie française.

Le propos du Maire de Reims devenait alors plus politique “Si certains ici ont personnellement pu connaître Simone Veil, nous pouvons mesurer que sa mémoire appartient à tous, tant elle est pour chacun une personne familière, presqu’intime. Alors qu’aujourd’hui, certains s’évertuent à faire commerce de son souvenir, nous devons au contraire rappeler que la mémoire de Simone Veil et c’est sa force, n’appartient à personne, si ce n’est à tous les Français. Car Simone Veil, c’est un pan de la France. Simone Veil, c’est un parcours et des combats successifs : pour la justice, pour les femmes, pour l’Europe, pour la paix, pour la mémoire. Profondément, pleinement, c’est ainsi qu’elle vivait chacun de ces combats”.

Une allusion à peine voilée au pacte que la tête de liste de la majorité présidentielle a présenté sous le nom de “Pacte Simone Veil” avant d’aller lui rendre hommage au Panthéon. Pour les européennes, Arnaud Robinet a fait son choix. En début de semaine, il déclarait à nos confrères de l’Opinion “Je vais rester fidèle à ma famille politique d’origine… Je suis déçu par la campagne de LREM”.

Après le temps de l’hommage, celui de la politique revient mais le message de Simone Veil demeure et son nom est désormais attaché à Reims.

 

Photo  @ Ville de Reims – D. Morel » Mai 2019

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