Le joli Tour de Castelnau

La « jeune marque centenaire » de Champagne a noué des liens privilégiés avec le Tour de France. Interview du tandem Pascal Prudhomme (directeur général) et Fabrice Collin (président). Interview réalisée par Jacques Préville pour REFLETS Actuels

Reflets Actuels : Depuis 2012, le champagne Castelnau est LE champagne du Tour de France. Comment s’est réalisé ce partenariat ?

Pascal Prudhomme : Tout est né d’une rencontre avec Bernard Hinault en 2011. Peut-être est-ce parce que nous sommes Bretons tous les deux, mais j’ai senti à cette occasion qu’il devait être possible de construire quelque chose entre Castelnau et le cyclisme. Dès 2012, Castelnau est devenu partenaire du Tour…

Fabrice Collin : Lorsque Pascal Prudhomme a présenté cette opportunité formidable pour la marque, le conseil d’administration n’a pas hésité à donner son feu vert. C’était une belle occasion pour diffuser l’image de Castelnau dans le monde sportif.

RA : Quelles sont les valeurs communes entre le cyclisme, l’entreprise, le champagne ?

PP : Il y a évidemment l’esprit d’équipe, avec le goût de l’effort (surtout quand les éléments sont défavorables !). Parce qu’il est aussi, d’une façon générale, accessible à tous, le cyclisme représente un art de vivre, dans le respect de la nature et de sa découverte le long des routes. C’est un aspect sociétal qui nous est cher, notamment à travers la politique éthique et respectueuse que mène le champagne. Et j’y ajouterais un double aspect artisanal et technologique, que l’on retrouve dans l’un comme dans l’autre, et qui participe de ces valeurs communes. 

RA : Un tel partenariat n’est-il pas freiné par la Loi Evin ?

PP : En France, la Loi Evin contraint effectivement toute l’économie du vin alors que d’autres pays affichent clairement la joie de célébrer la victoire avec une boisson effervescente… Ce ne sont pas forcément les lois qui font l’histoire, mais les idées que l’on met dans la construction d’un partenariat. Nous respectons la Loi Evin (et, à ce titre, Castelnau ne figure pas dans la caravane publicitaire du Tour), Amaury Sport Organisation la respecte, et France Télévisions également. Castelnau ne s’expose pas en public mais travaille autrement, notamment en réseau(x).

RA : En quoi consiste ce partenariat ?

PP : Nous sommes présents sur les courses cyclistes organisées par Amaury Sport Organisation, telles que le Tour de France, bien sûr, mais également Paris-Nice, le Critérium du Dauphiné, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège, La Flèche Walonne… A l’occasion de toutes les manifestations VIP lors de ces épreuves, Castelnau est là. Il y a également une part financière… que je ne dévoilerai pas. 

RA : Quel est l’impact sur l’économie de l’entreprise, et comment le mesurez-vous ?

PP : J’identifierai trois effets. Tout d’abord, cela contribue à la construction de l’histoire de la marque. Ca ne se quantifie pas, mais c’est important pour le futur de Castelnau. Ensuite, ça initie une nouvelle réflexion sur les valeurs sociétales – que j’évoquais à l’instant – avec lesquelles nous voulons être en phase. Enfin, ça crée un élan, une dynamique qui nous permet d’aller plus loin dans la « jeunesse » de notre approche commerciale, même si on n’en mesure pas l’impact sur notre croissance puisque l’on ne peut pas s’afficher. Je pense quand même que ça peut influer sur 5 à 10 % de nos ventes. 

Je dois aussi ajouter que ce partenariat, d’une certaine manière, rassure nos jeunes collaborateurs, et plusieurs se sont mis au vélo. Ca engendre un lien, une légitimité supplémentaire. D’autre part, nous avons aussi constitué un club, le Castelnau Gentlemen’s Cycle Club, qui rassemble des chefs d’entreprise, des journalistes dans le domaine du vin et de la gastronomie, et d’anciens champions. Chaque année, nous organisons une randonnée cycliste tous ensemble. L’an passé, nous avons également organisé une sortie vélo entre les salariés et les vignerons, et une autre avec des clients. Nous tissons du lien, un état d’esprit…

FC : Quand le partenariat a été lancé, il y a eu un peu d’inquiétude chez les coopérateurs, qui craignaient que l’on voie « trop grand ». Aujourd’hui ils mesurent tout l’intérêt des relations qui se créent, et ont bien compris que le travail à long terme est payant. 

RA : Jusqu’à quand ce partenariat est-il conclu ? Avez-vous d’autres perspectives ?

PP : Il s’agit pour nous d’un partenariat majeur, conclut pour la période 2012/2020. 2020 sera notre 9e participation au Tour. L’objectif est de poursuivre. Mais cela n’exclut pas une présence du côté de l’art contemporain (prix Marcel-Duchamp) ou de la musique (Magnifique Society, Charabia Festival, Flâneries Musicales de Reims). 

RA : Avez-vous prévu une (ou des) manifestation(s) particulière(s) à l’occasion de l’arrivée du Tour à Epernay, le 8 juillet, et du départ de Reims, le 9 juillet ?

FC : Nous organisons deux évènements, sur le parcours, dédiés à nos vignerons. Nous serons tous en jaune, à Chamery, juste avant que le Tour arrive à Epernay, et le lendemain nous nous retrouverons à Bassuet, après le départ de Reims vers Nancy. Nos quelque 800 vignerons sont invités à l’un ou à l’autre de ces rendez-vous festifs et ludiques.

PP : On peut aussi signaler que ce Tour 2019 célèbre le centenaire de la création du Maillot Jaune, et que pour la circonstance Castelnau a créé la bouteille Castelnau Siècle Jaune, une édition limitée à environ 10 000 bouteilles. 

RA : Pascal Prudhomme, que dire de votre homonymie avec Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France ?

PP : Qu’elle n’est qu’une homonymie, sans aucun lien de parenté… mais que nous nous amusons parfois tous les deux à cultiver ce lien inexistant !

 

Photo Pascal Prudhomme (à gauche) et Fabrice Collin, prêts pour un nouveau Tour ! @ Michel Jolyot

 

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