Tété en concert au Carré Blanc à Tinqueux

Tété sera sur la scène du Carré Blanc de Tinqueux le 31 janvier à 20h30. Une vraie chance pour le public de passer une soirée avec cet artiste pensant, dont le nouvel album balance bien…Interview: Catherine Landron

Qui est le Tété de 2020 ?
Quelqu’un qui espère être resté fidèle aux idéaux qu’il avait à ses débuts : de la guitare-voix, de l’itinérance, des concerts, des histoires…

Quel est le rôle de l’artiste chanteur ?
Ce qui fait la différence entre l’être humain et le reste du règne animal, ce n’est pas la sensibilité, ce n’est pas l’intelligence, ce sont les histoires. Parce qu’il n’y a que les hommes qui se racontent des histoires. Et l’artiste fait résonner ces histoires dans la vie des gens, capture une époque, fait rêver, fait voyager. Je me définis comme un voyagiste du cœur, dans le sens où je raconte ces histoires au long cours depuis 20 ans.

Que raconte votre 7e album, Fauthentique, sorti en février 2019 ?
Il joue avec l’idée de la vraisemblance. La différence qu’il y a entre le vrai et le faux, c’est le regard qu’on porte. La question est : est-ce que ce regard nous appartient encore ? J’ai eu beaucoup de plaisir malicieux à jouer avec ma propre perception des choses, avec mes petits travers, à espérer qu’idéalement ils résonneront avec ceux des autres. C’est un album très ironique, très caustique. Il est important d’apprendre à rire encore. Cette capacité à rire met une espèce de coussin entre l’homme et la réalité.

Les fake news vous ont fortement inspiré…
C’est un néologisme, un anglicisme, une posture de l’époque d’appeler ça des fake news, mais ça a toujours existé sauf que, quand j’étais petit, on appelait ça des rumeurs. Il y a quelque chose de fabuleux dans l’histoire de la rumeur, c’est qu’elle se transporte de bouche en bouche et grossit. Quand l’homme n’arrive pas à faire sens avec quelque chose, son cerveau se met à supputer. La rumeur c’est ça. Elle échappe à son auteur, un peu comme une bonne chanson. Maintenant, avec les nouveaux moyens techniques, tout va beaucoup plus vite, beaucoup plus loin. Mais une rumeur, c’est d’abord une histoire.

Que pointez-vous dans « Tout doit disparaître » ?
C’est la question de notre rapport à la citoyenneté, à la consommation qui est posée. J’ai grandi avec cette phrase collée au fronton des magasins en période de soldes. A une époque où on nous engage à consommer toujours plus, c’est terrifiant de penser que si on continue comme ça c’est nous qui allons peut-être disparaître !

Parlons musique. Quelle est l’ambiance de l’album ?
On est toujours sur des mélodies, avec un son plus moderne, plus dynamique. Mais on est encore dans ce qui a fait la signature de tous mes albums, cet univers de chansons pop folk, avec des petits accents blues ça et là, des petites incursions de musique classique dans les arrangements, et puis surtout quelque chose qui se veut solaire, lumineux. J’ai toujours aimé les chansons qui se sifflotent. Il n’y rien de plus chouette qu’un air qui semble badin et qui sertit un sujet qui l’est moins.

Que se passe-t-il pendant un concert de Tété ?
Nous sommes deux sur scène. On est sur un voyage de deux heures entre vieilles chansons et nouveaux titres. Nous sommes accompagnés par un orchestre imaginaire, dans un décor imaginaire puisqu’on est dans le faux. Ce voyage se finit dans la fosse, en acoustique, les yeux dans les yeux. C’est ma manière de rester fidèle à mes origines : la manche, le chapeau, la rue, les bars qui m’ont permis d’arriver à Paris et d’y rester. La plus belle surprise de la tournée c’est que les gens ressortent en me disant qu’ils ne s’attendaient pas à chanter et à danser autant.

Renseignements: Le Carré Blanc

photo©Jerome Juv Bauer

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