FARaway, le nouveau festival rémois

Placé sous le signe des « artistes agitateurs et agitatrices », le nouveau festival de spectacle vivant FARaway – Festival des Arts à Reims revendique doublement son désir d’ouverture et d’engagement. Il débute ce jeudi à la Cartonnerie avec les « Amazones d’Afrique ».
Plus international que Reims Scènes d’Europe auquel il succède, le festival FARaway, fruit d’une démarche collaborative entre sept structures culturelles rémoises, s’étend au delà du continent européen, porté par la nécessité de s’inscrire dans notre monde pour mieux le questionner, voire le bousculer.
Ancrés dans le réel ou le documentaire, nombre de spectacles de cette première édition interrogent au plus près des aspects brûlants de notre histoire : le chorégraphe Faustin Linyekula sonde les plaies toujours vives du passé colonial du Congo, le metteur en scène suisse Milo Rau reconstitue un des rouages de la machine génocidaire au Rwanda {Hate Radio), David Geselson évoque la lutte pour les droits civiques à travers un portrait militant de Nina Simone {Le silence et la peur), Jan Lauwers questionne les dérives identitaires dans Tout le bien, la chorégraphe militante Lia Rodrigues dénonce la brutalité de la société brésilienne dans Fûria tandis que l’inclassable metteuse en en scène Christiane Jatahy explore les rapports de domination du Brésil d’aujourd’hui {Julia) et livre une fresque bouleversante sur les migrations contemporaines (Le Présent qui déborde).
La scène actuelle est aussi porteuse d’autres engagements, peut-être moins frontalement politiques mais tout aussi aigus. Le circassien Vasil Tasevski offre ainsi une pièce très personnelle sur l’errance, le brésilien Luiz de Abreu agite la question du genre dans un solo fiévreux, le « supergroupe » Les Amazones d’Afrique réunit les plus grandes chanteuses (Angélique Kidjo, Kandia Kouyaté, Mamani Keïta…) pour défendre les droits des femmes, le catalan Roger Bernât s’empare de la parole des travailleurs, les Cris de Paris affichent un cosmopolitisme salutaire. Guerrières de Lucie Antunes et Uriel Barthélémi donnent à voir et à entendre les replis d’âme d’une vingtaine de femmes… Bien d’autres propositions encore, ponctuées de débats, de rencontres {Radio Live, Foule continentale), de colloques {Les langues… des rives différentes), de performances artistiques, interrogeront notre rapport au monde.
À l’heure où nos sociétés se voient tiraillées par les tentations de repli sur soi et de rejet de l’autre, le festival FARaway nous rappelle combien la parole des artistes agitateurs et agitatrices est nécessaire pour mieux appréhender notre présent et le monde de demain

Le programme complet sur farawayfestival.eu

 

 

 

Photo Le Présent qui déborde-Christiane Jatahy © Christophe Raynaud de Lage / Comédie de Reims

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