Apprentissage: CCI et Chambre des Métiers de la Marne déclarent l’état d’urgence

« La situation est très grave« : Jean Paul Pageau, le Président de la CCI Marne en Champagne (CCI) et Michel Boulant, le Président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de la Marne (CMA51) lance un appel à une grande mobilisation du monde de l’entreprise pour sauver l’apprentissage. Pourquoi et comment ?  Explications.

Il y a encore quelques mois, c’est à dire avant le confinement, les entrepreneurs se plaignaient de ne pas trouver les compétences qu’ils recherchaient et d’avouer qu’ils ne prenaient pas des marchés pour cette raison. Alors que dans le même temps, de nombreux jeunes  étaient sans emploi, sans formation et donc sans perspective. Un paradoxe.
A la sortie de la crise sanitaire, et alors qu’une très grave crise sociale et économique se profile, les paramètres du problème changent. Au constat précédent, s’ajoutent désormais les difficultés des entreprises, les conséquences sur l’emploi et, bien entendu, sur l’apprentissage.  « L’avenir va être compliqué !  » alertent les représentants des commerçants et des artisans. Des baisses de 20 à 40 % sont prévisibles pour les contrats d’apprentissage selon les secteurs.

Or, comme le dit le Président de la CCI, « pour récolter, il faut semer » et c’est bien l’objectif de l’apprentissage.  » Si il n’y a pas d’apprenti maintenant , il n’y aura pas de personnel formé plus tard et…même de repreneurs ! » prévient l’ancien Président de centres Leclerc qui connaît bien le sujet. Une comparaison avec les semis qui convient bien  à la Présidente de la Chambre d’Agriculture de la Marne. Béatrice Moreau rappelle que dans la Marne ce sont 300 contrats dans le monde agricole et viticole qui ont été signés l’an passé.

Des mesures ont déjà été prises: celles du 4 juin sont de bonnes nouvelles. Elles créent une aide élargie à l’embauche de 8.000 euros pour les majeur(e)s et 5.000 euros pour les mineur(e)s pour les entreprises qui recruteront un apprenti ou une apprentie jusqu’au 28 février 2021. Les entreprises de plus de 250 salariés devront cependant avoir plus de 5 % d’alternants ou alternantes dans leurs effectifs en 2021. Les représentants patronaux ont bon espoir que ce verrou limitatif saute. Pour laisser davantage de temps aux jeunes pour trouver une entreprise avec la crise, ceux-ci pourront rester jusque six mois en CFA (Centre de formation des apprentis) sans contrat, soit jusque fin février, au lieu des trois mois actuels.

Cela suffira-t-il pour éviter d’hypothéquer gravement l’avenir de nombreux jeunes ? « Pas suffisant » pensent les Chambres consulaires qui font plusieurs propositions ayant pour finalité de sécuriser le parcours des apprentis, consolider le financement de leurs parcours et aider les entreprises à les accueillir.

Notamment les CCI proposent que dans chaque région, un « pacte » d’engagement des entreprises qui, si elles ne peuvent embaucher dès la rentrée, peut permettre à un apprenti et sa famille, de se projeter sur une date d’embauche certes plus éloignée mais rassurante, et à l’entreprise de pouvoir anticiper l’embauche d’un apprenti. Concernant les apprentis en cours de parcours, en cas de rupture, il pourrait être proposé à l’apprenant de rester au CFA jusqu’à finalisation de son diplôme et prévoir son indemnisation en tant que stagiaire de la  formation professionnelle. Les entreprises de plus de 250 salariés qui s’engageraient à maintenir, à défaut d’augmenter, leur nombre d’apprentis, via une charte d’engagement, pourraient bénéficier d’un boni de taxe d’apprentissage ou d’une exonération de CSA (Contribution supplémentaire à l’apprentissage). D’autres mesures sont préconisées pour éviter aussi que des établissements de formation ne se retrouvent eux-même en difficulté en raison de la baisse de la contribution des entreprises.

L’objectif est, en dépit de la crise, de maintenir le même niveau de contrats d’apprentissage que l’an dernier. Au 31 décembre 2019, il y avait 491 000 apprentis en France, soit une hausse de + 16% par rapport à 2018. Une dynamique soutenue par la réforme de 2018 même si les discours restent les mêmes depuis de trop nombreuses années : améliorer l’image de l’apprentissage, faire correspondre les formations avec les besoins, favoriser les rencontres entreprises/jeunes. Désormais, il y a urgence !

 

ALMEA Formations interpro, le fer de lance de l’apprentissage

Crée en 2016, par la fusion des quatre structures gestionnaires des CFA Interpro de Champagne-Ardenne, ALMEA est le 1er centre de formation en alternance de la région Grand Est. L’association co-gérée par les CCI et les CMA dispose d’un budget de 25 M€, compte 320 salariés et accompagne chaque année 4700 stagiaires et apprentis sur plus de 25 métiers et 80 formations . Elle est présidée depuis peu par Michel Gobillot, l’ancien Président de la CCI de Châlons-en-Champagne.

Pour mieux préparer la rentrée 2020, ALMEA organise une journée Portes ouvertes le 24 juin en Facebook Live et participera au salon virtuel de l’Apprentissage Grand Est les 30 juin et 1er juillet et à la Foire de Châlons.

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