ZFE: trois lettres pour un air plus pur à Reims

En septembre prochain, Reims aura une ZFE, une zone à faibles émissions. Une ZFE est une zone dans laquelle l’accès aux véhicules les plus polluants est interdit.

Sur le Grand Reims, on enregistre des dépassements chroniques des seuils réglementaires de dioxyde d’azote (NO2) autour des infrastructures routières et notamment des artères structurantes de l’agglomération rémoise (autoroute A4, avenue de Champagne (D951), traversée urbaine de Reims (A 344), route de Witry-lès-Reims (D151)). Cette localisation met en évidence la corrélation entre la circulation routière et la pollution de l’air (47% des facteurs de pollution). Par exemple, la station de suivi de la qualité de l’air sur le boulevard Paul Doumer a ainsi enregistré une moyenne annuelle de 41 μg/m3 (masse de particules par unité de volume d’air) en 2019, au-dessus de la valeur limite réglementaire de 40 μg/m3. Sur les cinq dernières années, les populations exposées (environ 300 personnes, soit 0,2 % de la population rémoise) se situent principalement sur le territoire de Reims à l’intérieur de la rocade médiane, dans sa partie nord.

C’est donc, non seulement, une mesure de lutte contre la pollution mais aussi un mesure de santé publique qu’est venu présenter Jean-François Husson, Président d’ATMO Grand Est. ATMO Grand Est, association à but non lucratif agréée par le Ministère chargé de l’environnement, est en charge de la surveillance de la qualité de l’air dans la région Grand Est, conformément à la Loi sur l’Air et l’Utilisation Rationnelle de l’Energie (Loi LAURE) du 30 décembre 1996 intégrée au code de l’environnement. Cette loi donne le droit à chacun de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé. Celui qui est aussi  Sénateur de  Meurthe et Moselle a rappelé quelques chiffres. En France, on dénombre 50 000 morts prématurés par an en raison de la pollution dont le coût était évalué en 2015 à 100 milliards €/an. Dans le même temps, soit cinq ans, on a compté cinq ministres de l’écologie pour, au final, transférer le « bébé » aux collectivités « sans aucun budget » précise le parlementaire.

Arnaud Robinet et Catherine Vautrin ont donc expliqué leur politique volontariste  dans ce domaine en mettant en place une ZFE « scientifique, pragmatique, lisible, partagée, sociale et ambitieuse« , rappelant que Reims n’est pas légalement obligée d’instaurer une Zone à Faibles Émissions car plus de 95 % de sa population n’est
pas exposée régulièrement à des taux de dioxyde d’azote dépassant les valeurs réglementaires.

La zone concernée a été définie après des modélisations de l’ATMO. Elle correspond à un secteur délimité par la traversée urbaine de Reims (et les bords du canal), le boulevard Roederer, les boulevards Lundy et de la Paix et le boulevard Dieu Lumière. Dans ce périmètre, à l’horizon de janvier 2022, seuls les véhicules ayant une vignette Crit’air 1, Crit’Air 2 ou 100% électrique ou hydrogène seront autorisées à circuler. Les  véhicules qui n’auront pas cette vignette seront donc interdits notamment sur la voie Jean Taittinger (traversée urbaine de Reims). Le Maire de Tinqueux va prendre un arrêté pour prolonger cette interdiction sur le territoire de sa commune.

Pour Arnaud Robinet, il aurait été démagogique d’étendre cette zone à l’ensemble de la ville. La zone est limitée à celle concernée par les pics de pollution mais sa mise en place s’accompagne de la réalisation d’autres projets comme celui des « Rives de Reims » à proximité du boulevard Paul Doumer et du développement d’autres modes de transport. « il faut donner aux usagers des possibilités alternatives, la ZFE est une chance collective d’améliorer le qualité de l’air« .

Même propos de la Présidente du Grand Reims qui a en charge les transports en commun. Catherine Vautrin rappelle que 2021 sera l’année de la « revoyure » avec Citura et qu’elle entend que la flotte de bus soit renouvelée comme vient de l’être celle des véhicules de collecte des déchets. La Présidente cite encore le plan cyclable du Grand Reims qui permettra de mieux relier les villages aux gares TER, la suppression du charbon dans le chauffage urbain ( soit l’équivalent de 10 000 véhicules en moins) ou encore la rénovation énergétique des logements.

Le schéma de ZFE retenu va faire l’objet d’une consultation citoyenne du 15 février au 17 mars 2021. Le projet d’arrêté municipal instaurant la ZFE et l’évaluation environnementale (au travers des sites de la Ville et du Grand Reims, des permanences en mairie, à l’hôtel de la communauté et sur les différents pôles du Grand Reims) sont ainsi consultables par tous. L’arrêté entrera en vigueur à compter du 1er septembre 2021, à titre pédagogique pour une période 4 mois jusqu’au 31 décembre 2021. La  mesure sera pleinement effective à compter du 1er janvier 2022. Des restrictions progressives des véhicules les plus polluants seront appliquées. Dans un premier temps, jusqu’en janvier 2022, seuls les véhicules non-classés et les véhicules classés Crit’Air 5 ne seront pas admis au sein de la ZFE. Une période pédagogique sera instaurée au préalable de chaque nouvelle restriction Crit’Air.

 

Le certificat qualité de l’air , c’est à dire la vignette Crit’Air, est un document sécurisé qui permet de classer les véhicules en fonction de leurs émissions polluantes. Pour un envoi en France, son prix est fixé à 3,11 € auxquels s’ajoutent les frais d’affranchissement soit au total 3,67 €. Il vous sera envoyé par voie postale à l’adresse figurant sur votre certificat d’immatriculation. Vous pouvez l’obtenir à partir du site du Ministère de la transition écologique .

 

Photo Voie Jean Taittinger et Boulevard Paul Doumer à Reims ©refletsactuels.fr

 

 

 

 

 

 

 

Soyez le premier à commenter "ZFE: trois lettres pour un air plus pur à Reims"

Laissez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.