American Management Systems : activité et informations
American Management Systems naît en 1970 à Arlington, en Virginie, fondée par cinq anciens cadres du Département de la Défense américain : Patrick W. Gross, Jan Lodal, Frank Nicolai, Ivan Selin et Charles Rossotti. Ces hommes appartenaient aux fameux Whiz Kids, ce groupe d'experts qui avait modernisé la stratégie militaire sous Robert McNamara, durant les administrations Kennedy et Johnson. Leur idée : transposer les méthodes rigoureuses du Pentagone au secteur civil. Pari réussi.
Des origines militaires à une croissance ininterrompue
Le modèle d'AMS repose dès le départ sur des solutions technologiques sur mesure, conçues pour les institutions publiques et les grandes entreprises. Parmi ses premières réalisations majeures : le Standard Procurement System pour le Département de la Défense, un système comptable pour la ville de New York à la fin des années 1970, et Spectrum 2000, solution de gestion des fréquences radio pensée pour l'essor des télécoms sans fil.
La trajectoire financière parle d'elle-même. En 1986, le chiffre d'affaires atteint 136 millions de dollars. En 1989, IBM investit 18 millions de dollars pour prendre 10 % du capital d'AMS, signant aussi un contrat de co-développement stratégique. L'entreprise enregistre alors 24 années de croissance ininterrompue jusqu'en 1993, année où elle compte 3 200 employés pour un chiffre d'affaires de 364 millions de dollars.
Cette même année 1993, AMS crée le AMS Center for Advanced Technologies (AMSCAT) à Fairfax — le siège ayant quitté Arlington dans les années 1990 — dirigé par le Dr Jerrold M. Grochow. Sa mission : faire migrer les logiciels vers des architectures client/serveur, avec l'estimation qu'un tiers des revenus futurs proviendrait de cette transition. Voici les domaines prioritaires que le centre cherchaient :
- Optimisation décisionnelle et analyse systémique
- Architectures orientées services (SOA)
- Cybersécurité et gouvernance des systèmes d'information
- Premières formes de cloud computing
Turbulences contractuelles et rachat par CGI
La fin des années 1990 marque un tournant difficile. AMS dépasse les 9 000 employés et frôle le milliard de chiffre d'affaires, mais des litiges viennent ternir ce tableau. En 1998, un contrat de gestion des ressources humaines avec l'État du Mississippi tourne au contentieux — AMS réclame 985 millions de dollars. Le jury accorde 474,5 millions de dollars en 2000, mais l'affaire se règle finalement à l'amiable pour 185 millions de dollars. En 2002, le Federal Thrift Investment Board annule un contrat pour retards et dépassements de coûts — règlement à 5 millions d'euros.
Malgré ces secousses, AMS conserve une base clients solide. La solution AMS Advantage, dédiée à la gestion intégrée pour les administrations publiques, compte plus de 190 clients du secteur public, dont la ville de New York et le comté de Wake en Caroline du Nord. Ce dernier — deuxième comté de l'État, regroupant 12 municipalités et noté AAA par les trois principales agences — choisit AMS Advantage pour consolider ses systèmes financiers et RH.
| Année | Événement clé | Montant |
|---|---|---|
| 1989 | Partenariat IBM | 18 M$ |
| 1993 | Chiffre d'affaires AMS | 364 M$ |
| 2000 | Jugement Mississippi | 474,5 M$ |
| 2004 | Acquisition par CGI | 858 M$ |
En 2004, sous la direction d'Alfred T. Mockett, CGI Group rachète AMS pour 858 millions de dollars. La branche Défense est cédée à CACI pour 415 millions de dollars. Donna Morea prend la tête de CGI-AMS, qui hérite de 35 années d'expertise gouvernementale et signe des contrats d'une valeur totale de 100 millions de dollars sur sept ans avec des gouvernements locaux. CGI, fondé en 1976 et coté à la Bourse de Toronto et à la Bourse de New York, affiche alors un carnet de commandes de 12,9 milliards de dollars CAN au 31 décembre 2005.
Carole est une auteure curieuse et engagée, spécialisée dans la production de contenus clairs et utiles. Elle aime explorer des sujets variés et les rendre accessibles au plus grand nombre.
Didactique et pédagogue, elle privilégie une écriture pragmatique et structurée qui guide le lecteur pas à pas. Ses billets visent à informer, éclairer et donner des outils concrets pour agir.