Véronique Blin: les vignes du bonheur

 Elle aurait pu faire carrière dans l’expertise comptable. C’est la passion de la vigne qui l’a emporté. Depuis Juin 2012, Véronique Blin préside Nicolas Feuillatte, le  troisième opérateur du Champagne

veronique blin510_cr

« J’ai des convictions. Je ne suis pas arrivée ici par hasard. C’est aussi une histoire de famille. Mon père a fait partie des administrateurs fondateurs du Centre Vinicole. C’était en 1972. Vingt ans plus tard, je faisais mon arrivée comme stagiaire dans une maison que j’ai tout de suite aimée… Je suis viticultrice, sur la propriété de mon père à Brugny-Vaudancourt, à cinq minutes de Chouilly. Mon Champagne porte mon nom de famille : James Didier… ».

Deux fois major de sa promotion, en licence puis en maîtrise de Sciences Economiques, à vingt ans, Véronique Blin choisit la viticulture en rejoignant l’exploitation familiale. Elle aurait pu faire carrière dans l’expertise comptable   « J’aime les chiffres, j’aime les choses carrées et la rigueur dans le travail ». C’est pourtant la passion de la vigne qui l’a emporté. Très vite, elle s’investit. D’abord dans l’exploitation familiale, puis dans la fonction de trésorière de la coopérative de Vinay puis au Centre Vinicole Champagne Nicolas Feuillatte (CV CNF) et parallèlement à la Fédération des Coopératives Vinicoles de Champagne (FCVC).

Trente années de légitimité

Aujourd’hui, Véronique Blin, entre autres responsabilités,  est Vice-présidente de la FCVC et Présidente, depuis Juin 2012, du CV CNF. Une ascension qui passe, tout naturellement, de la vigne à la coopération, pour aboutir à la présidence du troisième opérateur du Champagne, avec une mission déclarée : accéder au deuxième rang. Sa légitimité, elle la tient de son travail et de son expérience de plus de trente années dans le métier. Sa responsabilité ? Elle l’assume totalement : « En acceptant cette fonction, je savais qu’il me fallait m’y consacrer à cent pour cent et j’assume  avec passion cette tâche prenante. C’est le développement de l’entreprise qui m’intéresse  et ce volet économique du métier : produire, valoriser et vendre».

Dans sa carrière, Véronique Blin a croisé des femmes et des hommes de qualité, toute l’histoire de la coopération et de Nicolas Feuillatte, autant de sources de réflexion auxquelles elle tient à rendre hommage : « Je leur dois leur confiance ». Chez Nicolas Feuillatte et pour ceux qui la connaissent depuis plus de vingt ans, ce n’est pas Madame la Présidente qu’ils saluent mais Véronique. Ici et un peu partout dans le vignoble.

Une femme du Champagne

Une femme à haute responsabilité ? Véronique Blin sent la question stupide arriver. Les femmes du Champagne … Elle n’est pas une militante de l’égalité professionnelle femme/homme, parce que dans son métier la question ne se pose pas : « Nous sommes entre professionnels, sans étiquette de sexe. Ici, nous sommes élus pour nos compétences. La réalité se trouve dans la nature même des exploitations viticoles, voire agricoles en général avec ce fait qu’on y trouve moins de femmes. Question de tradition, peut-être. Les femmes n’ont pas souvent l’opportunité de se mettre en avant. Ma chance, c’est peut-être de ne pas avoir épousé un viticulteur, ce qui m’a ouvert d’autres horizons.

Chez Nicolas Feuillatte, l’attachement aux valeurs n’a pas de sexe. Et Madame la Présidente poursuit : « Je suis très attentive à la considération portée à l’ensemble de nos collaborateurs. J’ai la chance d’avoir un Directeur Général humain et attaché à la justice dans l’entreprise. Chez nous c’est le respect de l’équité et de l’égalité qui prime, à tous les échelons. Pas de petits adhérents, pas plus que de petits salariés ». Voilà pour ce qui est de l’essence de la coopération.

Et demain ? « Il me faudra transmettre mon exploitation … ». Demain, chez Nicolas Feuillatte ? « Il nous faut former dès à présent ceux qui vont nous succéder, créer de l’émulation et faire éclore des talents ». Véronique Blin sourit depuis le début de l’entretien. On peut difficilement l’imaginer autrement. Pourquoi ? « Peut-être parce que je suis bien dans ma peau et que je n’ai rien à cacher ».  Quelque part dans le petit village de Brugny-Vaudancourt, tout près de la colline de Chouilly, le soleil tiède d’un automne rayonnant sourit, lui aussi, avant de disparaître, jusqu’à demain.

1 Trackbacks & Pingbacks

  1. Pantry Bubbly | champagnewhisky

Laissez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.


*