Yves Bénard, le messager mondial du modèle champenois

Deux mots pour Yves Bénard : Champagne et Président. Et un troisième en prime : avenir. Tout simplement parce que la passion est un carburant inépuisable.

Président de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin, Président de l’Institut National des Appellations d’Origine Vins, ex Président du Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne, de l’Union des Maisons de Champagne, de l’Association Générale des Entreprises Vinicoles, du Directoire de Moët et Chandon, ex Directeur Général des activités Champagne de LVMH, ancien Maire de Boursault, dans la Marne, trois mandats consécutifs …

La Champagne, à l’autre bout du Monde ? C’est une référence quand il s’agit d’évoquer un modèle d’organisation de la viticulture. « Les pays producteurs que je rencontre rêvent de construire de la valeur à la manière des Champenois. L’image qu’ils ont de notre région est celle d’un modèle économique de valorisation ». Quand on parle de vin de fête, la Champagne évoquée par Yves Bénard est à la fois un modèle et jusqu’ici un quasi-monopole. Les hommes de la Champagne, par opiniâtreté et discipline ont toujours su se relever des crises. Plus que sur n’importe quel territoire producteur dans le Monde, les Champenois sont présents dans leurs vignes et leurs caveaux. Ils se parlent, ils échangent, ils participent. Cette image est forte au-delà des frontières.

Quarante années dans le Champagne, de Moët et Chandon au CIVC, de l’INAO à l’OIV …

Et si c’était à refaire ? « Je le referais certainement. Développer une marque, un produit et une région, je ne peux rien dissocier de ce que j’ai pu faire. Toutes ces expériences se tiennent et je les vis pleinement ». Né à Boursault, fils de récoltants manipulants, fils et petit-fils de courtiers en vins de Champagne, Yves Bénard est Champenois, ici et au bout du Monde, là où le conduisent ses missions : Champagne et vins de France. Un ambassadeur à multiple casquette : agronome, viticulteur, négociant, gestionnaire, négociateur … Homme orchestre pour une symphonie du consensus. Et surtout optimiste raisonné.

De l’INAO à l’OIV, faire se rejoindre consommateurs et producteurs

 

Dépoussiérer les AOC des vins (Appellation d’Origine Contrôlée », rendre les produits plus lisibles et plus crédibles par l’intermédiaire d’organisme de gestion indépendants, élargir le périmètre d’intervention de l’INAO portent la signature d’Yves Bénard, actuel Président du Comité National Vins, eaux-de-vie et autres boissons alcoolisées. On pourrait bien admettre qu’avec lui, il y a de la Champagne dans la réforme des AOC, lesquelles deviennent enfin des labels de qualité. L’offre française de vins sur les marchés mondiaux devient plus claire et plus crédible.

A propos de la baisse des expéditions du Champagne et des projections sur le bilan 2009, Yves Bénard se montre plus confiants que les chiffres actuels : « Je pense que nous allons vers une baisse comprise entre 10 et 15%, pas plus ». Les fortes baissent à l’exportation ? « Il s’agit de problèmes de distribution et de stocks et non d’un fort recul de la consommation. L’image du Champagne garantit son avenir ». Et pour l’ex Président du CIVC, cette confession : « Je crois qu’en matière de logistique et notamment en qui concerne la surveillance des flux et des stocks nous avons des efforts à réaliser ». Ne pas confondre donc expédition et consommation. Quand le Monde ira mieux, il boira à nouveau plus de Champagne. C’est le revers naturel d’un produit de fête. On peut parier que la fin de la crise économique sera ainsi arrosée.

Le Président du consensus structurel

Yves Bénard est un homme de consensus. Par conviction et par l’expérience professionnelle acquise. En écrivant ces lignes, j’imagine le Président de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV) à Pékin, accueilli par les représentants chinois d’une viticulture montante (400 000 hectares et 6e producteur mondial de vin). Mission : leur ouvrir les portes de l’OIV et les faire assoir à la table des 44 pays membres. Plus on est et plus brillant sera le consensus entre producteurs et consommateurs. Même mission donc pour le Royaume-Uni, le Japon et l’Inde et surtout faire revenir les Etats-Unis. Il y va de la crédibilité des recommandations votées par l’OIV. Trois ans, le temps d’un mandat pour réussir.

« J’apprécie toujours la confrontation et le débat, histoire de comparer les idées. Mais je ne suis favorable ni aux coups de force ni aux victoires non partagées. Je veux bien être un homme de consensus, mais pour des décisions pérennes ». La durée d’abord ? « La preuve, je n’ai pas changé d’épouse ». Les missions, les engagements, les présidences ? « Je suis un homme libre. J’aurais arrêté depuis longtemps si tout cela ne me passionnait pas ».

Yves Bénard est un homme heureux et la Champagne va très vite sortir de la crise. Il quitte un comité de lecture, 700 pages sur la candidature de la Champagne au Patrimoine de l’UNESCO. L’avion pour Pékin n’attendra pas. Trop c’est trop ? « Il faut relativiser. Je vois des amis de mon âge emportés par des maladies graves. Je ne m’arrêterais jamais, sauf … ». Il a vu quarante vendanges et quarante bilans, les récoltes doubler et les expéditions tripler. Il réserve ses hôtels à proximité de parcs propices à son jogging. Les malaises vagaux, il les connaît. Il aurait même pu faire de la politique, au-delà de sa commune…

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