Macbeth: L’esprit de Shakespeare multiplié par la puissance de Verdi

Il n’y a que sur scène que la violence peut être acceptablement belle. Dans Macbeth de Verdi, la beauté lyrique est à la hauteur de la tragédie sanglante imaginée par Shakespeare sur une base historique. Les amateurs d’émotions artistiques fortes sont attendus le dimanche 28 avril ou le mardi 30 avril à l’Opéra de Reims.
Macbeth ne déroge pas à la tradition des opéras : le héros y meurt à la fin. Mais pour une fois le désespoir amoureux n’a rien à y voir. C’est la convoitise du pouvoir qui entraîne le célèbre général écossais dans une irrépressible spirale meurtrière s’achevant par son propre trépas. Circonstance « aggravante » : c’est par les femmes (et la faiblesse de l’homme…) que le malheur arrive. Le trio de sorcières qui lui prédit un avenir royal et la femme de Macbeth, diaboliquement ambitieuse, vont le précipiter vers son destin fatal.
Initialement coproduit par les Opéras de Bordeaux et Nancy, ce Macbeth de Verdi est repris et proposé par les Opéras de Limoges, Reims et Massy. « C’est une œuvre qui demande des effectifs et des moyens importants. Il était nécessaire de rassembler nos forces » explique Alain Mercier, le directeur de l’Opéra de Limoges. « Reims et Limoges travaillent ensemble depuis longtemps. Nous avons avec Serge Gaymard une sensibilité partagée sur les œuvres et les artistes qui les portent. Et nous avons la même volonté de renouveler et d’élargir le public de l’opéra sans perdre le public traditionnel. Cela se traduit dans nos choix de production »
Un casting solide
Cette production est extraordinaire en ce qu’elle ne mobilise pas moins de 60 musiciens, 40 choristes, 10 figurants enfants et 10 figurants enfants, sans compter les techniciens fourmillant en coulisses, dont les maquilleurs et les coiffeurs particulièrement mis à contribution dans la mise en scène de Jean-Louis Martinoty. Ce dernier, suppléé depuis sa mort par Frédérique Lombart, donne à voir « un compromis entre une vision classique de l’œuvre, datée dans le temps, et un dispositif scénographique très actuel, utilisant des artifices de réflexion qui brouillent les pistes du spectateur. Les costumes à double face évoluant dans un décor de miroirs font un effet esthétiquement très réussi », commente Alain Mercier. Dans son adaptation de l’œuvre de Shakespeare, Verdi « récompense » Lady Macbeth de son influence funeste en lui offrant l’un des plus beaux rôles de prima donna, mais aussi l’un des plus corsés. Un casting solide s’imposait. Alex Penda lui prête sa voix et son tempérament. La soprano bulgare connaît parfaitement le rôle pour avoir, dès l’âge de 12 ans, imité sa cantatrice de mère qui le répétait à la maison, et pour l’avoir elle-même chanté en professionnelle à de nombreuses reprises. Le baryton français André Heyboer est le valeureux/malheureux Macbeth. Dans la fosse, l’Orchestre de l’Opéra de Reims dirigé par Robert Tuohy. Pour les chœurs, l’Ensemble lyrique Champagne-Ardenne qu’anime Sandrine Lebec.
Verdi a avoué vers la fin de sa vie que, de tous les opéras qu’il a composés, Macbeth était son préféré. Sera-t-il le vôtre ?

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